Sport et pollution : les applis à la rescousse

La Haute autorité de santé a dévoilé mercredi 17 octobre un guide pour faciliter la prescription médicale d’activités physiques et sportives. Mais pour les sportifs des grandes villes, à l’air souvent très pollué, faire du sport peut finalement s’avérer dangereux pour la santé. On fait le point sur les applications permettant de faire du sport malgré la pollution.

Bon nombre de sportifs habitant dans les grandes villes se sont déjà posé la question au moment de sortir courir : et si la pollution rendait leur entrainement plus néfaste qu’autre chose ? D’une rue à l’autre, le taux de pollution varie et la solution pourrait être d’adapter son parcours.  Airparif, l’organisme chargé de mesurer la qualité de l’air en Île de France et l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile‐de‐France (Iaurif) publient régulièrement des bilans sur la situation de la pollution en région parisienne. Selon l’Express, ces deux organismes ont identifié les voies où la pollution dépasse les niveaux recommandés à environ 1,50m du sol, au niveau du nez des passants.

Surprise : certaines petites rue étroites et encaissées sont plus polluées que les grands boulevards. On les appelle les « rues‐canyons », parce qu’elles sont généralement bordées d’immeubles élevés et l’air a du mal à s’y renouveler. Par exemple, dans le VIe arrondissement de Paris, la rue d’Assas est plus polluée que le boulevard Raspail, et la rue du Bac plus que le boulevard Saint‐Germain.

Le principal responsable de cette pollution est le trafic automobile. Sur le périphérique, plus de 1,3 million de véhicules circulent chaque jour, soit 40% du trafic parisien. Le périph’ produit 37% des émissions d’oxyde d’azote.

Pollution et sport ne font pas bon ménage : on inhale beaucoup plus d’air en faisant du sport qu’au repos. L’être humain ventile en moyenne 15 000 litres d’air par jour, et la pratique d’une activité sportive peut quadrupler voire multiplier par 5 ce volume. En brassant plus d’air, on brasse plus de particules polluantes. La pollution peut alors irriter les voies respiratoires, ou faciliter les crises d’asthme…

Santé 2.0

Pour essayer de parer aux risques, des applications se sont peu à peu développées pour aider sportifs et habitants à prendre conscience de la pollution ambiante. Plume donne en temps réel le taux de pollution de l’air et vous prévient s’il est plus élevé que la moyenne. L’application donne aussi des recommandations : elle précise, au fil des heures, quel sport il est le plus opportun de pratiquer.

L’application Itiner’air a été développée par Airparif, et permet de calculer son itinéraire en fonction des zones de pollution à éviter. Itiner’air envoie aussi des notifications pour informer sur les épisodes de pollution.

Air Matters affiche la présence des allergènes les plus répandus. Sh**t ! I smoke, la moins sérieuse de toutes, permet de voir combien de cigarettes on fume en respirant l’air pollué.

En cas de pollution, les bons gestes pour les sportifs sont les suivants : s’éloigner le plus possible des zones polluées, privilégier la respiration par le nez (notre filtre à particules à nous), éviter les heures de la journée où la pollution est la plus intense (entre 7h30 et 21h). Enfin, privilégier plutôt les sports de longue haleine, comme le vélo et la course à pieds, avec une hyper‐ventilation moins importante. Le sport est censé rester un bienfait pour la santé et non un risque.

Crédits photo : capture d’écran Itiner’air