Honduras – Etats-Unis : le bras de fer s’engage

D’une centaine de personnes à ses débuts à plus de 7 000 Honduriens fuyant la misère de leur pays, la  caravane migratrice en direction des Etats-Unis n’en finit plus d’enfler, en dépit des mises en garde de Donald Trump.

Plus de 7 000 migrants honduriens égrènent les routes du Mexique, illégalement, et continuent leur marche engagée depuis la semaine dernière en direction des Etats-Unis, à la recherche d’une meilleure vie. 

Des milliers d’autres, femmes et enfants, se sont amoncelés à la frontière du sud du Mexique, et attendent leur demande d’asile. Mais la majorité n’a pas cette patience, et préfère tout risquer en traversant le fleuve à la nage lorsqu’il le faut. 

Jessica, hondurienne de 35 ans, vendeuse de cosmétiques, a traversé le fleuve Suchiate sur une embarcation de fortune, alors qu’elle ne sait pas nager, avec son petit garçon de 9 ans. Depuis une semaine, elle a quitté San Pedro Sula, la deuxième ville du Honduras – d’un taux d’homicide de 173 pour 100 000 personnes par an, en comparaison d’un taux de 5 pour 100 000 aux Etats-Unis – et a connu la faim, la soif, l’extrême fatigue. 

Le mercredi 10 octobre 2018, son Honduras natal est touché par l’ouragan Michael, venant encore ajouter à la misère ambiante de ce petit pays, l’un des plus inégalitaires au monde et gangréné par la violence des gangs – la mara Salvatrucha et la M‑18 en particulier. 

Un appel à l’immigration est alors lancé sur les réseaux sociaux, notamment relayé par l’ex-député hondurien Bartolo Fuentes, appelant ses compatriotes à partir ensemble « car c’est moins dangereux ». 

Ce ne sont pas les menaces de Donald Trump qui a construit sa campagne sur la lutte contre l’immigration qui vont effrayer ces honduriens déterminés et unis dans l’effort.

Le Président des Etats-Unis, devant pareille résolution collective, s’était voulu ferme, dimanche 21 octobre, en déclarant sur Twitter tout mettre en œuvre pour « empêcher l’assaut d’étrangers illégaux de traverser notre frontière sud », avant de déplorer l’impuissance des états d’Amérique centrale et du Mexique à y faire face, et de décider dans la foulée de couper l’aide étrangère au Salvador, au Guatemala, et… au Honduras.