Italie : face à Bruxelles, le gouvernement campe sur ses positions

Le gouvernement italien a annoncé lundi maintenir son projet de budget pour 2019 malgré les interrogations de la Commission européenne. Une position qui inquiète des Etats membres.

Impassible malgré les critiques. Le gouvernement italien a annoncé lundi qu’il ne modifierait pas ses projections budgétaires pour 2019. Dans une lettre, jeudi, la Commission européenne a pourtant appelé la coalition au pouvoir en Italie à clarifier ses prévisions. Le gouvernement formé par la Ligue et le Mouvement 5 étoiles, a présenté un projet budgétaire jugé  « hors des clous » européens alors que le pays enregistre une dette supérieure à 130% du PIB. Il prévoit notamment un déficit maximum de 2,4% du PIB, bien loin des 0,8% fixés par le gouvernement qui l’a précédé.

Une lettre comme plaidoirie

Si l’Italie admet s’écarter des normes fixées à l’échelle européenne, elle défend sa position dans une lettre adressée à la Commission, lundi. Face aux perspectives d’austérité, l’Italie résiste et opte pour une politique de relance. « C’était une décision difficile mais nécessaire à la lumière du retard pour retrouver le niveau de PIB d’avant la crise et des conditions économiques dramatiques dans lesquelles se trouvent les couches les plus désavantagées de la société italienne », indique le ministère de l’économie et des finances.

Dans sa « plaidoirie » envoyée à Bruxelles, le gouvernement italien, s’est dit ouvert au dialogue et a apporté des garanties destinées à rassurer les marchés.  «Nous voulons dialoguer avec les institutions européennes dans un esprit de collaboration loyale, de dialogue constructif » a déclaré lors d’une conférence de presse lundi, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte. Il a également réaffirmé l’attachement de l’Italie à l’Union Européenne : « Lisez bien sur mes lèvres: pour l’Italie, il n’y a aucune chance d’Italexit, de sortie de l’Europe ou de l’eurozone”.

Des inquiétudes européennes

Ce choix pourrait pourtant conduire la Commission européenne à rejeter pour la première fois le budget de l’Italie. En Autriche, cette position est défendue par le premier ministre, Sebastian Kurz qui a appelé la Commission à adopter une attitude ferme envers l’Italie si le gouvernement ne concède aucun changement. “Si l’Italie s’écarte des règles de Maastricht, elle se met en danger, mais elle met aussi d’autres pays en danger, et l’Union européenne n’est pas prête à assumer ce risque, ces dettes pour l’Italie”, a‐t‐il ainsi déclaré vendredi, selon l’agence de presse Reuters. Le ministre allemand des finances, Olaf Scholz a également appelé l’Italie à faire preuve de prudence par rapport à sa dette. Au sein de l’Union européenne, le spectre de la crise grecque a laissé des traces.

Mais « la commission européenne ne veut pas d’une crise entre Bruxelles et Rome. Elle pense que la place de l’Italie est au cœur de l’Europe et de la zone euro, pas à l’extérieur», a déclaré lundi matin, sur France Inter, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. Avant de rendre leur décision, les commissaires débattront mardi.