Le Bureau des légendes : ça recommence

La saison 4 du Bureau des légendes débute le 22 octobre sur Canal + à 21H. On s’est penché sur les raisons du succès de la meilleure série française du moment.

Avis aux binge‐watchers ! Le Bureau des légendes remet le couvert pour une quatrième saison le 22 octobre sur Canal +. Inspirée de l’industrie des séries américaines et en phase avec la réalité géopolitique internationale, la série se démarque dans le paysage sériel français.

Pour ceux qui sont passés à côté de la série, l’intrigue se déroule au sein de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). « Malotru », « Moule à gaufres », « Cyclone »… Des agents, aux surnoms improbables, des services du renseignement français sont formés dans le département appelé Bureau des légendes. Dans les pays étrangers, ces agents opèrent sous une fausse identité afin de repérer les personnes susceptibles d’être recrutées pour alimenter les sources de renseignements. La saga revient en abordant des questions de cyberguerre et djihadisme. Le plus du casting ? L’acteur Mathieu Amalric a rejoint la bande d’espions.

La classe américaine

Une saison tous les ans : c’est dans cette temporalité que s’inscrit Le Bureau des légendes. A la différence des autres productions françaises, la série d’espionnage propose chaque année une nouvelle saison. « C’est l’une des rares séries qui arrive à revenir régulièrement à l’antenne », relève Pierre Ziemniak, auteur de l’ouvrage Exception française : de Vidocq au Bureau des légendes, 60 ans de séries.

Pendant douze mois, le producteur français Eric Rochant et le franco‐américain Alex Berger ont inspecté à la loupe l’industrialisation de la production des séries aux Etats‐Unis. Elle repose sur le show running, un système de création et de production de la série regroupée en un même lieu. Le studio installé à côté des chambres d’écriture permet au show runner d’adopter un rôle de chef d’orchestre et de passer du tournage de la saison en cours à l’écriture de la saison à venir en même temps.

Côté marketing, Le Bureau des légendes a tout donné. Un pôle Promotion marketing digital communication (PMDC) est présent au sein de la société de production The Oligarchs productions, explique Camille Gouyou‐Beauchamps assistante du producteur gérant Alex Berger sur la dernière saison. « La série est pensée comme un produit » et des événements sont organisés pour en faire la promotion, ajoute‐t‐elle.

« Du réalisme et pas trop de drama »

« C’est de la fiction, mais ça pourrait être la réalité. La série s’inscrit dans notre temps et est cohérente avec ce qui se passe dans le monde », lance Célia Cuordifede, étudiante et accro à la série depuis ses débuts. Le Bureau des légendes mise sur le réalisme pour vulgariser la compréhension des enjeux géopolitiques à l’international. La production a pris contact avec la DGSE pour obtenir des informations, explique Camille Gouyou‐Beauchamps. Pour donner l’impression que la scène se passe devant le téléspectateur, elle ajoute que le mot d’ordre de l’équipe de production est : « du réalisme et pas trop de drama ».

Dans ce sens, la qualité cinématographique de l’image distingue Le Bureau des légendes des autres séries françaises. L’équipe composée de réalisateurs et de cadreurs issus du cinéma propose des images aux lumières plus travaillées qu’à la télévision.

Saluée par le public et la critique

En septembre 2016, Le Bureau des légendes était la série française la plus exportée avec 3,7 millions d’euros rapportés à l’international, selon le journal Les Echos.

Diffusée depuis 2015, la saga du producteur Eric Rochant, a été récompensée dès sa première saison au festival Séries mania. Le héros du Bureau des légendes, incarné par Mathieu Kassovitz, a reçu le prix de la meilleure interprétation masculine. Jules Marco, assistant à la programmation de Séries Mania, précise que le festival a accompagné la série depuis la saison 1.

Les critiques sont élogieuses depuis 2015. Le journaliste Pierre Langlais, spécialiste des séries télévisées à Télérama définit Le Bureau des légendes comme « la crème de la crème sérielle française ».