Le podcast, nouvel eldorado journalistique

Territoire de plus en plus investi par le journalisme, le podcast connaît un essor considérable. Né au même moment que l’Ipod d’Apple, dont il tire son nom, et également inspiré du mot anglais « boradcast », il connaît aujourd’hui un essor considérable. Territoire de plus en plus investi par le journalisme, son succès intéresse autant qu’il interroge.

Après avoir raté son démarrage, se retrouvant trop vite enterré à la fin des années 2000, le podcast renaît. « On peut dire aujourd’hui que le podcast est un nouveau média, et c’est formidable » s’est réjoui vendredi Thibaut de Saint Maurice, le fondateur du Paris Podcast Festival, qui s’est tenu tout le week-end à la Gaîté Lyrique. Un événement où de nombreux journalistes, lancés depuis peu dans l’aventure du podcast, se sont retrouvés pour présenter leurs créations.

Les journalistes à l’assaut du podcast

Le podcast natif, contenu audio indépendant directement téléchargeable sur le web, attire particulièrement. Il laisse une grande liberté de ton, de format, de ligne éditoriale, et son coût de production est très faible : les journalistes s’en emparent pour produire de plus en plus de contenus. À l’instar de Charlotte Pudlowski, rédactrice en chef chez Slate qui a lancé en 2016 un podcast de témoignages, Transfert, qui connaît aujourd’hui un succès certain. Ou encore de Lauren Bastide, journaliste passée par Elle ou France Inter, qui anime depuis près de deux ans le podcast La Poudre, dans lequel elle interviewe les personnalités féminines qui marquent l’actualité.

De plus en plus de médias se tournent ainsi vers l’audio, comme Arte ou Slate, dont les productions se multiplient et marquent le paysage du podcast francophone. Madame Figaro s’y est mis à la rentrée 2018, avec des programmes audio sur le bien-être féminin, suivi de près par Eurosport et sa nouvelle série audio de témoignages de grands sportifs. Société, sport, consommation, santé, politique, économie : les podcasts envahissent tous les sujets.

Des auditeurs séduits

Le blogueur américain Alexander Wolfe ne pouvait pas avoir moins raison que quand il écrivait en janvier 2008 : « il est temps d’admettre que les utilisateurs ne se sont pas saisis des podcasts, et ne le feront jamais ». Selon une étude Médiamétrie publiée au printemps dernier, jusqu’à quatre millions de personnes écoutent des podcasts radio chaque mois. Cet engouement s’explique par le fait qu’avec le podcast, les utilisateurs restent libres de choisir le contenu qu’ils écoutent, et le moment où ils l’écoutent. Les auditeurs de podcast « forment une communauté engagée et fidèle » selon Julie Lesgourgues, chargée de communication à Nouvelles Écoutes, plate-forme qui produit depuis trois ans de nombreux contenus audio.

La fin des programmes radio ?

Le podcast, encore considéré comme un phénomène de niche mais appelé à grandir, menace de faire concurrence au vieux format radiophonique. Là où la radio propose des programmes fixes et donne des rendez-vous à l’auditeur, le podcast le laisse libre et s’appuie sur l’audio à la demande. Les Croissants, application lancée au début de l’année 2018, propose à l’auditeur une matinale faite sur mesure en fonction des sujets qui l’intéressent, rendant ainsi toute grille radio obsolète. Le développement de ces contenus audio adaptables transforme les modes de consommation et de diffusion des contenus informatifs, jusque-là monopolisés par la radio dont le modèle est ainsi remis en question.