Comment Jean‐Michel Aulas a remis l’OL sur le devant de la scène européenne

L’Olympique lyonnais rencontre ce mardi 23 octobre le club allemand d’Hoffenheim pour le troisième match de poule de Ligue des Champions. Ce match est très important pour les Lyonnais puisqu’il leur permettrait de prendre une large avance à la tête de leur groupe. L’Olympique lyonnais un candidat sérieux en Ligue des Champions ? Peu y croyaient, mais les hommes de Bruno Génésio ont remis les pendules à l’heure en battant Manchester City 2–1 en septembre dernier. Un succès qui couronne la politique menée par Jean‐Michel Aulas depuis 31 ans.

L’Olympique lyonnais c’est un peu le club qu’on adore détester en France. A cause de leurs résultats : l’OL n’est pas descendu en dessous de la cinquième place du classement depuis la saison 1998–1999 et a trusté la première place de 2002 à 2008. Mais aussi à cause de leur emblématique président Jean‐Michel Aulas. Arrivé au club en 1987, Jean‐Michel Aulas, qui ne connaissait rien au football, est en effet parvenu, en trente ans, à créer un empire jamais vu en France, souvent convoité mais jamais égalé.

Et pour ce faire, Jean‐Michel Aulas a adopté une stratégie bien précise : miser sur la jeunesse, c’est-à-dire la future élite du football français : « On forme des jeunes pour qu’ils s’épanouissent avec l’OL avant d’être aspirés par le marché européen. (…) C’est pour cela, qu’il faut aussi être capable d’attirer de jeunes joueurs à fort potentiel. Notre modèle est reconnu partout en Europe où l’on salue notre stratégie en matière d’infrastructures et de formation », confiait‐il à OL.fr. 

Et le moins que l’on puisse dire c’est que ça fonctionne. L’objectif : acheter de très jeunes joueurs à bas prix, les entraîner et les revendre lorsqu’ils atteignent un top niveau pour faire une belle plus‐value. Cette stratégie reste risquée : on l’a vu cet été avec la vente ratée de Nabil Fékir, qui à cause d’un problème physique, n’a pas pu rejoindre Liverpool.
Le centre de formation de l’OL est réputé pour être l’un des meilleurs d’Europe et le nombre de joueurs qui en sont issus et qui jouent dans les meilleurs clubs européen est loin d’être négligeable : Samuel Umtiti (FC Barcelone), Karim Benzema (Real Madrid), Corentin Tolisso (Bayern Munich), Alexandre Lacazette (Arsenal) etc. 

L’OL en 4 chiffres

Coté en Bourse

L’Olympique lyonnais c’est surtout un modèle économique très particulier qui lui permet de ne pas être dépendant du marché des transferts ni des résultats de l’équipe. Le club est le seul en France à être coté en bourse, un pari réussi pour Jean‐Michel Aulas. Au Monde, il affirmait en 2007: « Mon but n’est pas d’arriver en Bourse pour vendre, mais d’augmenter le capital pour donner à l’entreprise les moyens d’être plus performante. » Et plus de performance, c’est plus d’indépendance par rapport aux aléas du football et des joueurs. 

Jean‐Michel Aulas a fait ce pari dès 1999 en créant l’OL Group. L’entreprise a placé 28% de son capital en Bourse en 2007. Ces 28% de capital représentent 17% des droits de vote du groupe, ce qui permet au club d’empocher de l’argent sans que le pouvoir décisionnaire du président Aulas ne soit (trop) remis en cause.

Un stade flambant neuf 

L’Olympique lyonnais c’est également le seul club de Ligue 1 à posséder son propre stade, le Groupama Stadium (Décines), et ce, depuis 2016. En ajoutant le stade au capital du club, Jean‐Michel Aulas en a fait l’un des plus riches de France matériellement parlant. Et encore une fois, posséder son propre stade permet à l’Olympique lyonnais de ne pas être dépendant du marché des transferts de joueurs, qui d’une année sur l’autre peut s’avérer incertain. La totalité des recettes récoltées par la vente de billets revient entièrement au club. 

Jean‐Michel Aulas c’est surtout un chef d’entreprise précurseur dans le football, et gère son club comme tel : « Pour moi, un club de foot, c’est une entreprise dans laquelle il y a une partie industrielle : la structure qui gère les footballeurs ; avec, d’un côté, le centre de formation, où l’on “fabrique” des footballeurs, et, d’un autre côté , l’équipe professionnelle, qui “fabrique” des résultats », expliquait‐il, pragmatique, à l’Express entreprise. 

Une grande gueule 

Enfin, et surtout, Jean‐Michel Aulas c’est une très grande gueule. Que ce soit sur les réseaux sociaux, où il s’est fait beaucoup d’ennemis ou auprès des médias, le président n’hésite jamais à se mettre sous les projecteurs pour défendre bec et ongles son club et son entraîneur. Quitte à se mettre ses propres supporters à dos. Il faut dire que Jean‐Michel Aulas a eu un maître en la matière : Bernard Tapie, qui lui a permis d’accéder à la tête de l’OL. 

Il le fait également dans les instances dirigeantes du football. Il siège au conseil exécutif à la Fédération française de football (FFF) et a siégé au Conseil d’administration de la Ligue de Football professionnelle (LFP). Ses sorties et son statut à la FFF valent régulièrement à son club des accusations de favoritisme sur l’arbitrage.