Qui veut la peau des meilleurs ennemis de Donald Trump ?

 

Des colis piégés ont été envoyés depuis lundi à des démocrates “anti‐Trump”, dont l’ancien président Barack Obama et Hillary Clinton. Le(s) coupable(s) n’ont pas encore été identifiés, mais plusieurs éléments font penser à l’œuvre de suprémacistes blancs.

 

C’est maintenant le tour de l’acteur Robert De Niro. Le FBI s’alarme de ces colis en série, tous piégés et envoyés à des personnalités classifiée “anti‐Trump”. Désamorcés à temps, ces envois n’ont pas fait de blessés. Le Bureau fédéral d’investigation a lancé un appel solennel sur Twitter pour récolter toutes les informations possibles sur cette affaire hors norme.

Le casting est hallucinant. Après l’ancien président Barack Obama et son vice‐président Joe Biden, la démocrate Hillary Clinton, l’ex-directeur de la CIA John Brennan, l’ancien ministre de la justice Eric Holder et deux élues démocrates de la Chambre des représentants, le nom de l’acteur américain s’ajoute à la longue liste des cibles de cet “ acte de terrorisme de l’intérieur ”, selon les mots de Mitch McConnell, chef républicain du Sénat.

Une dizaine de colis piégés ont été reçus.

Tous contre Trump

Ces personnalités ont un point commun : elles ont toutes critiqué publiquement le président américain. Dans une vidéo diffusée sur Fox News pendant la dernière campagne présidentielle, Robert de Niro a notamment proféré des critiques acerbes à l’encontre de Donald Trump, qualifié de “nul”, “débile” et “minable”.

La vague d’envois a commencé lundi ; un colis a été retrouvé dans la boîte au lettre du milliardaire George Soros, un démocrate d’origine hongroise, cible régulière des mouvements nationalistes aux accents antisémites, en Amérique comme en Europe.

Une attaque non revendiquée

Aucun coupable n’a encore été identifié par le FBI, mais plusieurs indices tendent à incriminer les suprémacistes blancs, des militants d’extrême-droite racistes. Des autocollants représentants le drapeau de Daesh ont été collés sur les enveloppes, avec des images de femmes nues à la place des écritures en arabe. Ce type d’iconographie a beaucoup circulé sur les sites internet d’extrêmes-droite aux Etats‐Unis entre 2014 et 2016.

Le terrorisme est par ailleurs un mode d’action récurrent pour ces groupuscules, comme l’explique Stéphane François, politologue français spécialiste de l’extrême-droite. “Cette affaire n’est pas vraiment un scoop, il existe un terrorisme d’extrême-droite très important aux Etats‐Unis. Cela passe par des fusillades, des colis piégés ou des attentats, comme à Oklahoma City ou Atlanta”. En août 2017, un suprémaciste a foncé avec une voiture sur des manifestants, qui protestaient contre des groupuscules d’extrême-droite. Cet attentat à Charlottesville a fait un mort.

Un attentat à la voiture bélier fait un mort à Charlottesville en 2017.

Une “ lutte idéologique ”

Le contexte des midterms ne serait qu’un prétexte selon Stéphane François. Les militants extrémistes sont d’abord animés par une “lutte idéologique” : “ les personnalités visées sont démocrates et considérées comme multi‐culturalistes. Depuis plus d’une décennie, on assiste à une radicalisation idéologique à l’extrême-droite. Ce qui est nouveau, c’est qu’ils s’attaquent à des personnalités publiques ”.

Le FBI doit encore confirmer l’identité de ou des coupable(s), mais pour Stéphane François la revendication semble déjà “explicite en raison des cibles choisies”. “ Viser Barack Obama a une signification très claire pour eux. Il reste le premier président noir des Etats‐Unis, né d’un père africain et accusé d’être musulman. Ce terrorisme n’est pas nouveau, mais il jouit d’une visibilité de plus en plus forte”.

 

 

Lola Marotte