Les trottinettes électriques cherchent leur place

La ministre des Transports a annoncé mardi à l’Assemblée nationale l’interdiction de la circulation des trottinettes électriques sur les trottoirs. Une décision qui obligera les engins à circuler sur la chaussée ou sur les pistes cyclables. Mais est-ce vraiment leur place ?

Depuis leur arrivée dans les grandes villes, les trottinettes électriques font fureur. Pratiques, rapides, écolos, elles peuvent filer jusqu’à 25 km/h et ont su séduire, si bien qu’il n’est plus rare d’en voir rouler partout, dans les rues et sur les trottoirs. Une invasion qui déplaît à de nombreux piétons, gênés et alarmés par leur vitesse.

Jusqu’ici soustraites à toute réglementation, les trottinettes électriques vont bientôt avoir une catégorie rien que pour elles dans le Code de la route. Elisabeth Borne, la ministre chargée des Transports, a en effet promis une réglementation pour ces engins, en prévoyant d’interdire leur circulation sur le trottoir. La décision survient après plusieurs mois de grogne des municipalités, inquiétées par l’augmentation des accidents dans les villes en 2017.

Si les trottinettes quittent les trottoirs, où vont‐elles pouvoir circuler ? La route étant trop dangereuse pour des utilisateurs souvent peu protégés, il ne leur reste que les pistes cyclables. Une solution qui semble convenir pour une cohabitation sans accrocs avec les piétons, les deux roues et les voitures.

“Ils auraient dû se préoccuper de la législation avant d’introduire ces trottinettes dans les villes” peste une parisienne, réfractaire à l’utilisation de ce genre de véhicules. Interdire les trottinettes des espaces piétons en leur attribuant à la place les voies pour cyclistes ne règle pas tout : les rues des grandes agglomérations sont loin d’être toutes équipées de pistes cyclables. Difficile alors pour ces engins électriques de trouver leur place.