L’hygiène des sondes d’échographie en débat

Un rapport commandé par le Ministère de la santé souligne le niveau insuffisant des mesures de désinfection du matériel employé lors d'échographies.

Un débat ancien. Vendredi 26 octobre, le Parisien révélait l’existence d’un rapport commandé par le ministère de la Santé sur l’hygiène des sondes d’échographie. Un niveau de désinfection trop bas, voilà ce que pointe du doigt les conclusions du groupe de travail coordonné par le docteur Pierre Parneix et également président de la Société française d’hygiène hospitalière.

La sonde au cœur des débats est l’appareil qui sert à réaliser des examens tels que les échographies vaginales ou chez l’homme celles de la prostate ou la vessie. La procédure d’hygiène qualifiée « de niveau bas » requiert le dépôt d’une protection à usage unique sur l’instrument lors de chaque examen. Une désinfection plus poussée, « de niveau intermédiaire » (DNI), n’est cependant pas obligatoire entre deux échographies.

Un débat récurrent

Depuis plus de dix ans, des voix comme celle de l’association « Le lien » s’élèvent pour appeler à un changement des pratiques. Incarnées notamment par Alain‐Michel Ceretti, elles dénoncent le retard de la France en la matière. Infections ou papillomavirus, il juge les risques d’une désinfection de niveau «bas » pour les patients trop importants.

Coût de l’équipement, absence d’études solides, conflits d’intérêts … Voici quelques‐unes des réticences qui peuvent expliquer qu’aujourd’hui aucune obligation n’a été émise au sujet des DNI entre chaque examen. La validité de certaines études sur cette question était également source d’interrogations.  Deux publications en 2013 étaient particulièrement visées par la Société Française de Radiologie ou encore le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français. Dans une lettre ouverte, ils dénonçaient le financement de ces études  « par une société commercialisant un procédé de désinfection des sondes ».

Vers l’élaboration d’un consensus ?

Bruno Grandbastien, médecin et membre du conseil d’administration de la Société française d’hygiène hospitalière, estime aujourd’hui que la donne a changé. Les conflits d’intérêts « restent une préoccupation de tous les instants » déclare‐t‐il. Il affirme cependant qu’aujourd’hui la DNI entre chaque examen devrait être préconisée. « Des données scientifiques fiables et solides ont été publiées. Il existe aujourd’hui un consensus des sociétés savantes sur la question».