Lion Air : pourquoi la compagnie n’était pas blacklistée en Europe

Un Boeing de Lion Air s’est abîmé ce lundi 29 octobre près des côtes indonésienne avec 189 passagers à bord. A chaque crash, la fiabilité de la liste noire établie par la Commission européenne est remise en question.

 

Lion Air, compagnie aérienne à bas coût fondée en 1999, cumule les incidents. Pourtant elle n’est pas inscrite, aujourd’hui, sur liste noire. En 2013, un de ses avions manque la piste lors de son atterrissage à Bali et s’écrase en mer, faisant quarante blessés. En mai 2016, deux autres de ses avions entrent en collision sur le tarmac d’un aéroport proche de Jakarta. Nouvel accident en août 2017. C’est un de ses Boeing cette fois qui heurte l’aile d’un autre avion après son atterrissage. 

Pourtant, elle est retirée de la liste noire de la Commission européenne en 2016. Plus étonnant encore, lors de la dernière mise à jour de la liste en juin 2018, toutes les compagnies aériennes certifiées en Indonésie sont ôtées du fameux classement. La raison ? De « nouveaux progrès en matière de sécurité aérienne avaient été constatés » affirme Enrico Brivio, porte‐parole de la Commission européenne pour les transports. Des progrès qui n’ont pas empêché le crash de ce matin. « Tant qu’on n’a pas fait d’investigation sur les causes, on ne peut pas faire de liens hâtifs », précise toutefois le rapporteur. 

Bannis du ciel européen

Cette liste des transporteurs, bête noire des compagnies aériennes, a été publiée pour la première fois en mars 2006 par la Commission européenne. Elle est depuis renouvelée deux fois par an. Son objectif : recenser toutes les compagnies interdites en Europe, qui ne garantissent pas des conditions optimales de sécurité pour leurs passagers. Les appareils de ces transporteurs ne peuvent ni décoller, ni atterrir sur le continent. 

En théorie, ce sont des critères bien définis qui contribuent à placer ces compagnies sur la liste. Des avions mal entretenus ou vétustes, par exemple, seront considérés dangereux. Mais en pratique, les tests pour vérifier ces critères sont flous. Si on sait qu’ils sont similaires pour tous les transporteurs aériens, difficile de comprendre en quoi ils consistent exactement. Enrico Brivio précise simplement qu’ils sont effectués « selon des règles de l’organisation de l’aviation civile internationale », basées sur des rapports d’experts. 

En juin 2018, soixante compagnies ont été supprimées de la liste, un record. A l’heure actuelle, elles ne sont donc plus que 119 à être écartées de l’espace aérien européen, mais toujours autorisées à voler à l’étranger. Même si cette liste est encore imparfaite, elle offre aujourd’hui un premier aperçu des conditions de sécurité aérienne mondiale. 

Avant de partir en voyage, découvrez les noms des transporteurs blacklistés à éviter grâce à notre infographie en cliquant sur ce lien ! En orange, le nom des compagnies interdites en Europe. En rouge, les quinze pays où toutes les compagnies aériennes sont interdites de vol dans le ciel européen. 

Infographie : Clara Lalanne