Qui sont les « loups solitaires » du terrorisme aux États-Unis ?

Un quart des attaques sur le sol américain sont perpétrés par des terroristes isolés.

Samedi, un homme a tué onze personnes en ouvrant le feu dans une synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Robert Bowers, 46 ans, a agi seul, en dehors de toute structure de commandement : il est ce qu’on appelle un « loup solitaire » – une forme de terrorisme qui met sur les dents les forces de l’ordre américaines depuis les années 1990.

Les “lone wolves”, comme on dit en anglais, restent cependant rares. Selon une étude menée en 2015 par le National consortium for the study of terrorism and responses to terrorism (START), ils ne représentent que 6% des terroristes qui ont agi aux États-Unis.

Pourtant, les loups solitaires sont responsables de 25% des attaques terroristes commises sur le sol américain : sur 264 attaques qui ont eu lieu aux États-Unis depuis 1980, 65 ont en effet été perpétrés par des hommes seuls.

Si ces chiffres sont aussi importants, c’est parce que les loups solitaires échappent plus facilement à l’arrestation que les terroristes qui agissent en groupe. Peu ont une vie familiale : 71% ne sont pas mariés. Isolés socialement, ils communiquent rarement sur leurs intentions. Il est donc plus difficile pour les forces de l’ordre de les repérer et d’anticiper leurs actions, ce qui leur laisse le champ libre pour passer à l’acte.

La haine de l’autre

Le “lone wolf” américain moyen est un homme de 38 ans. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, il a fait des études supérieures. Omar Mateen, le terroriste qui a tué 49 personnes dans un bar gay d’Orlando en juin 2016, est par exemple diplômé de l’Indian River State College en Floride. Selon l’Institut Aspen, c’est l’un des dix meilleurs collèges communautaires des États-Unis.

Depuis 2010, 67% des loups solitaires s’en sont pris aux femmes, aux communautés LGBT et autres minorités. Par exemple, en novembre 2015, Robert L. Dear prenait notamment pour cibles des femmes dans une clinique du planning familial du Colorado. Omar Mateen, lui, s’est attaqué à la communauté homosexuelle en juin 2016. La semaine dernière, Robert Bowers a ciblé des juifs. Les loups solitaires semblent diriger leur haine envers toute forme de progressisme. Une tendance qui ne date pas d’hier : le START observe dans une étude menée en 2013 que 48% des attaques commises entre 1992 et 2010 par des loups solitaires américains visaient des défenseurs de l’avortement.