Crise de la faune : ces mesures qui aggravent la situation

Le rapport de WWF France est sans précédent. 60% des espèces animales ont disparu depuis 1970. Tour d'horizon de ces mesures qui ne vont pas arranger les choses.

La faune est plus menacée que jamais. Au-delà d’un constat alarmant, c’est l’inaction des pouvoirs politiques qui est aujourd’hui pointée du doigt. Dans le monde, les récentes décisions prises sur la faune par les gouvernements ont de quoi inquiéter.

En Chine, le retour du commerce du tigre et du rhinocéros

La mesure fait frémir les défenseurs des animaux. La Chine a décidé hier de réautoriser la vente de produits issus du tigre ou du rhinocéros. L’Etat chinois l’avait pourtant complètement interdite en 1993. Mais ce commerce n’avait jamais disparu. Il était remplacé par un marché noir qui proliférait depuis le Vietnam. « Par cette annonce, le gouvernement chinois signe l’arrêt de mort des rhinocéros et des tigres sauvages », s’est indigné Iris Ho, la responsable de l’ONG Humane Society International à Washington.

Voie ouverte pour la pêche à la baleine à Maurice

La chasse à la baleine est officiellement interdite depuis 1982, mais plusieurs pays dont le Japon dérogent à cette règle sous couvert de « chasse scientifique ». L’Île Maurice pourrait leur emboîter le pas. Le petit pays négocie actuellement un accord avec le Japon prévoyant l’ouverture de son territoire maritime aux pêcheurs japonais. L’opacité du gouvernement sur cet accord suscite l’inquiétude des associations écologistes. Une pétition lancée en septembre dernier contre cet accord a recueilli plus de 26 000 signatures.

Le commerce des cornes de rhinocéros en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud est revenue sur l’interdiction du commerce des cornes de rhinocéros en avril 2017. Le département des affaires environnementales avait pourtant imposé un moratoire sur cette pratique en 2009. Les éleveurs de rhinocéros ont eu recours à la justice pour faire annuler cette décision. L’organisation écologiste WESSA a accusé le gouvernement de céder aux braconniers. Les cornes de rhinocéros constituent un véritable marché, entretenu par les demandes chinoise et vietnamienne. 1 054 rhinocéros ont été braconnés en Afrique du Sud en 2016.

Le marché des trophées aux États-Unis

Donald Trump avait provoqué un tollé à l’automne 2017 en réautorisant l’importation de l’ivoire en provenance de Namibie et du Zimbabwe. Face aux critiques, il avait d’abord fait marche arrière, pour finalement aller encore plus loin en mars dernier. Sous la pression du lobby des armes, la NRA, et d’un puissant groupe de chasseurs, le Safari Club International, le président américain a également autorisé les importations de trophées de lion, de pachyderme et d’antilope. Les États-Unis sont le premier pays importateur de trophées. Selon l’ONG Humane Society International, 1 261 trophées d’éléphants et 2 526 trophées de lion ont été importés des États-Unis entre 2013 et 2017.

La France des chasseurs

Nicolas Hulot en a fait l’un des motifs de sa démission. La réforme de la chasse est sous le feu des critiques des écologistes. Le principal point de crispation, c’est la mise en place d’une « gestion adaptative des espèces ». L’idée est d’ajuster les quotas de chasse en fonction des populations animales. Pour les organisations de défense de l’environnement, cela revient à ouvrir la chasse à des espèces aujourd’hui protégées. Les oiseaux pourraient en être les principales victimes. « 20 espèces d’oiseaux sont sur la liste rouge des espèces menacées, en agonie, et pourtant, on les chasse », s’est alarmé Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO). La population d’oiseaux a diminué d’un tiers en quinze ans.