Essence, Diesel : quels autres carburants ?

Avec les récentes augmentations des prix de l’essence et du diesel, les carburants alternatifs reviennent sur le devant de la scène. Moins chers ? Plus écologiques ? Tour d’horizon de ces carburants de l’ombre.

Biocarburants, GPL, électrique, hydrogène : les moyens de faire rouler nos voitures sont nombreux et variés. Chacun se singularise par son prix, son impact sur l’environnement et sa popularité. 

Biocarburant : celui qui ne dit pas son nom

Le biocarburant est un mélange d’essence et d’éthanol. Cet éthanol est obtenu à partir de la fermentation et  de la distillation de betterave, maïs, canne à sucre ou blé. L’appellation correcte serait donc « agrocarburant », car les produits agricoles utilisés ne sont pas biologiques !

Dans les stations françaises, on trouve le « Super Éthanol E85 » composé à 85 % d’éthanol. L’avantage : utiliser moins d’énergies fossiles. Le biocarburant est surtout apprécié pour son prix d’environ 70 centimes le litre. Cependant on ne le trouve que dans 9 % des stations essence en France. Pour utiliser du Super Éthanol dans son moteur, il faut installer un boîtier pour 900€ à 1 300€

L’utilisation de biocarburants pose question : est‐il vraiment écologique ? Il est accusé de provoquer une importante déforestation et un recours accru aux pesticides. Le biocarburant fait aussi grimper le prix des aliments utilisés.

L’ONU a d’ailleurs demandé à l’Union européenne de renoncer à son objectif d’atteindre 10 % d’agrocarburants en 2020. L’organisation pointe du doigt le fait que la production de Super Éthanol entre en concurrence avec celle des céréales dont le stock mondial est déjà très bas. Aux États‐Unis, 40 % de la production de maïs est littéralement brûlée chaque année pour la production de Super Éthanol.

GPL  : celui qui n’a pas réussi à faire ses preuves

Le gaz de pétrole liquéfié est obtenu à partir de deux gaz : le butane et le propane. Le GPL a le double avantage d’être peu cher (autour de 70 centimes le litre) et écologique. Il n’émet pas de particules fines et très peu de CO²

Le GPL n’est pourtant pas populaire. Une station sur sept le propose en France. Peu de constructeurs commercialisent de tels véhicules et peu de Français convertissent leurs voitures à ce carburant. Ce phénomène est dû à un plus fort engouement pour l’électrique mais aussi à une mauvaise réputation du GPL. À ses débuts, certains véhicules ont explosé, entraînant leur interdiction dans les parkings souterrains. Interdiction maintenant levée : les véhicules GPL étant plus sûrs.

Où trouver des véhicules GPL : Dacia, Fiat, Nissan, Opel, Hyundai

Électrique : celui qui joue un double jeu

C’est la tendance du moment. Tous les constructeurs s’intéressent à ce type de véhicule. Il est vu comme la solution écologique face au changement climatique. Pourtant, les voitures électriques ne sont écologiques que si l’électricité qui les alimente est propre. Une Renault Zoé rechargée avec de l’électricité issue d’une centrale à charbon polluante perd tout son sens.

cc (Creative Commons)

Si le véhicule électrique permet de ne pas utiliser de ressources fossiles, ce n’est pas le cas pour la fabrication de sa batterie. Des métaux rares sont nécessaires dans le processus de fabrication : cuivre, lithium, graphite, cobalt. L’extraction de ces éléments engendre pollution et déforestation. L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) estime même qu’une voiture électrique émet autant de carbone qu’une voiture diesel durant tout son cycle de vie.

Où trouver des véhicules électriques  : Renault, Nissan, Citröen, BMW, Volkswagen Kia, Mitsubishi, Peugeot, Hyundai, Mercedes, Tesla, Smart.

Hydrogène : la jeune pousse prometteuse

Les véhicules à hydrogène sont encore rares. Seul Toyota, Honda et Hyundai en fabriquent. Leur prix reste élevé : 70 000€ le véhicule. Pourtant, cette technologie se développe de plus en plus. Et pour cause : elle présente tous les avantages d’une voiture écologique.

Contrairement au véhicule électrique, sa batterie est moins gourmande en métaux rares. Son pot d’échappement ne rejette pas de CO², seulement des gouttelettes d’eau. La voiture à hydrogène ne consomme ni électricité, ni carburant : uniquement de l’hydrogène. Elle se recharge aussi vite qu’un plein d’essence et a une autonomie de 600 km contre 300 km en moyenne pour un véhicule électrique.

Le principe du moteur à hydrogène est simple. L’air entre à l’avant du véhicule, mélangé avec l’hydrogène présent dans une pile à combustion : l’électricité se créer et alimente le véhicule.

Il reste un bémol à cette voiture presque verte. Aujourd’hui, la production d’hydrogène pollue. Les usines à hydrogène rejettent beaucoup de CO². Un méthode de production plus propre existe mais demande plus d’électricité et doit donc être alimentée en énergie renouvelable pour être respectueuse de l’environnement.

Où trouver des véhicules hydrogène : Toyota, Honda, Hyundai.