Pourquoi Bohemian Rhapsody est un bon “Oscar bait”

Bohemian Rhapsody m’a appris deux choses. Un, ne jamais écrire une critique cinéma en avance et deux, avec le bon réalisateur un Oscar « bet » peut être gagnant.

Bohemian Rhapsody, le biopic de Freddie Mercury, est l’archétype de l’Oscar bait (et si vous ne savez pas ce qu’est un Oscar Bait, je vous l’explique ici). Pour la promo gigantesque dont a bénéficié le film, nulles traces du réalisateur crédité : le très oscarisable Brian Singer.

Le réalisateur a quitté le tournage six jours avant la fin des prises de vue. Je n’épiloguerai pas ici sur les raisons.

A mon avis ce n’est pas nécessaire puisque Bohemian Rhapsody est définitivement marqué par la patte de ce réalisateur hollywoodien décomplexé. Assez ironiquement, Singer a su éviter la plupart des écueils communs aux Oscars bait pour livrer à son public un film convaincant, pas sans défaut, mais sincère.

Le film est bon. La réalisation est propre, sans chichi. Les plans capturent avec naturel les ambiances très rocks des années 70 (surtout lors de la séquence de formation du groupe mythique) .

Un film hollywoodien

Spoiler : la musique est géniale. Brian Singer et le scénariste Anthony McCarten ont choisi d’en faire le sujet principal du film. Les drames personnels de Freddie Mercury se contentent de nourrir cette trame principale. Le reste, l’homosexualité, les excès, le sida, est traité avec une pudeur qui force le respect.

Le film est hagiographique ? Et alors ? Contrairement à d’autres Oscar bait qui survendent une complexité creuse, le film s’assume comme un film hollywoodien. Avec un héros (Freddie), ses amis (les membres du groupe Queen) et même un vilain clairement identifié.

Bohemian Rhapsody ne boude pas les scènes d’émotions toutes simples (comme celles entre Freddie et Jim) et n’hésite pas à verser dans le one‐liner* assez jouissif.

Seul bémol du film : la performance de Rami Malek. Il est parfois un peu en dessous par rapport au reste du casting (exceptionnel). Le jeune acteur joue davantage l’aura de Freddie Mercury, que Freddie Mercury lui‐même. Pour le coup, un écueil assez classique de l’Oscar Bait.