Et si la Nouvelle-Calédonie devenait indépendante ?

Ce dimanche 4 novembre, la Nouvelle-Calédonie se rendra aux urnes pour décider si elle souhaite devenir indépendante. Si ce scénario semble peu probable, il n’est pourtant pas impossible. Quels sont les enjeux de ce référendum et quelles conséquences pourrait-il engendrer ?

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Ce sont 175 000 électeurs calédoniens, inscrits sur une liste électorale spéciale, qui se prononceront dimanche pour ou contre l’indépendance de l’archipel vis-à-vis de la France.

Ce référendum, prévu depuis 1988 par les accords de Matignon est très attendu. Pour comprendre pourquoi, il faut revenir sur le passé mouvementé de cet archipel. Retrouvez dans notre infographie ci-dessous huit dates clés de l’histoire calédonienne. 

 

Si pour le moment, le non est donné largement gagnant dans les sondages, un résultat favorable à l’indépendance n’est pas non plus insensé. Dans ce cas de figure, l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie serait-elle vraiment « la catastrophe » annoncée par de nombreux médias ?

Depuis l’accord de Nouméa, en 1998, la Nouvelle-Calédonie est la collectivité la plus autonome de France. Elle possède un statut particulier qui lui permet une autogestion dans de nombreux domaines. Ses institutions, par exemple, sont indépendantes. L’archipel dispose d’un gouvernement, d’une assemblée, d’un Sénat coutumier et même de son propre Conseil économique, social et environnemental (CESE-NC). Ses institutions appliquent une « loi organique» supérieure à la loi ordinaire française, qui permet à l’île d’avoir sa propre législation. C’est pourquoi le permis à point n’est pas appliqué sur le Caillou.

Une citoyenneté locale existe également et un hymne calédonien accompagne l’hymne national depuis 2008.

Si l’archipel jouit d’une grande autonomie, la victoire du oui aurait tout de même un impact. L’indépendance provoquerait le transfert des compétences régaliennesde l’Etat à l’île, c’est à dire la gestion de l’armée, de la police, de la justice ou encore de la diplomatie. On assisterait également à naissance d’une nationalité néo-calédonienne.

Les conséquences économiques que cela engendreraient ne sont pas non plus négligeables. En quittant la France, l’archipel arrêterait de toucher des subventions, aujourd’hui conséquentes. La métropole investit chaque année plus d’1,3 milliard d’euros pour l’île, soit 13% du PIB.

Pour se passer de cette aide économique, les indépendantistes misent sur le nickel, la principale ressource de l’île, et sur sa zone économique exclusive, grande comme deux fois et demi la France.

Cependant, en devenant indépendante, la Nouvelle-Calédonie deviendrait la proie directe de la Chine. Celle-ci, hégémonique dans la région, cherche à s’implanter par tous les moyens, comme au Vanuatu voisin où elle a beaucoup investi.

Si le maintien de l’île au sein de la France l’emporte comme prévu, le référendum ne signera pas pour autant la fin des débats sur l’indépendance. En cas de victoire du non, l’accord de Nouméa prévoit l’organisation de deux autres consultations , en 2020 puis en 2022.

Juliette Mansour