Le “Trump Party” à la conquête des midterms

Outsider lors des primaires du Parti Républicain en 2016, Donald Trump a lentement étouffé les oppositions internes pour mieux diffuser ses idées. Le profil des candidats aux élections de mi-mandat, qui auront lieu le 6 novembre, reflètent les transformations du parti conservateur.  

500 jours après son élection, Donald Trump séduit toujours. Il est plébiscité par 87% des électeurs Républicains, comme le rappelle l’Institut Gallup. Aucun président n’a autant satisfait sa base partisane depuis Georges Bush, au lendemain du 11 septembre.

87% d’approbation chez les Républicains : Donald Trump est content — crédits : Gage Skidmore

Au départ, rien ne semblait gagné pour Donald Trump. En 2016, sa candidature à l’investiture du Grand Old Party (GOP) était loin de susciter l’adhésion de son camp. Vivement critiqué par des ténors républicains comme Ted Cruz ou John Kasich, l’excentrique milliardaire les a pourtant laissé sur le carreau. Deux ans plus tard, l’homme d’affaire devenu président a totalement renversé le rapport de force au sein du GOP. Minoritaire, son approche populiste, anti-establishment, a remporté l’adhésion.

Cette approbation croissante s’explique notamment par la poursuite d’un « agenda » républicain. Baisse d’impôts, investissements massifs dans les infrastructures, fermeté en matière de politique étrangère et positions conservatrices : Donald Trump a satisfait ses adhérents, en dépit des nombreuses polémiques.

Opposants écartés, Trumpistes plébiscités

De cette manière, le milliardaire a réussi un autre exploit : isoler certains de ses opposants républicains. Pour cette raison – entre autres — 43 élus, comme le Président de la Chambre des Représentants Paul Ryan, ont renoncé à se présenter à leur réélection. Le Sénateur d’Arizona Jeff Flakes, après 17 ans passés sur les bancs du Congrès, a déploré la perte de soutien de l’appareil de parti : « il n’est pas possible de faire campagne seul. Il faut des volontaires, des supporters, des donateurs ».

Le départ de ces républicains historiques a contribué, en conséquence, à élargir l’emprise trumpiste sur le GOP. Qu’ils soient de nouveaux arrivés ou fraîchement convertis, les candidats des élections de mi-mandat ont donc des profils de plus en plus Trump-compatibles. Cliquez sur cette infographie pour découvrir le portrait-robot de ces candidats majoritairement blancs, masculins, et très conservateurs.

Portrait robot du candidat républicain aux midterms 2018.

Pour le commentateur politique Charlie Sykes, la mainmise du président sur le parti républicain a pris un tournant radical : « Toute dissidence au ‘Trumpisme’ menace la viabilité des élus au sein du Parti républicain ». Minoritaire à ses débuts, Donald Trump est devenu aujourd’hui le pivot du GOP. Qu’adviendra t-il du parti s’il échoue lors de ces élections — ou pire, s’il n’est pas reconduit comme candidat républicain en 2020 ?

Article : Clara Lalanne, Infographie : Pauline Noaro