Le vrai du faux : Trump nous embrouille sur la caravane des migrants

Avant les mid-terms de mardi prochain, retour sur les tweets de Donald Trump sur l’un de ses sujets préférés : la caravane de migrants d’Amérique du sud qui se dirige vers les Etats-Unis.

Sur le droit du sol

Traduction : « Le soi-disant droit du sol, qui coûte des milliards à notre pays et qui est injuste envers nos citoyens, sera abrogé d’une façon ou d’une autre. Ce droit n’est pas protégé par le 14e Amendement, puisqu’il est écrit « soumis à leur juridiction ». Beaucoup de spécialistes sont d’accord … »

La réponse de la Newsroom : FAUX

Le premier article du 14e Amendement dispose que « toute personne née ou naturalisée aux États-Unis, et soumise à leur juridiction, est citoyen des États-Unis et de l’État dans lequel elle réside ». 

Donald Trump, par ce tweet, sous-entend qu’un enfant né de parents sans-papiers sur le sol des Etats-Unis ne pourrait bénéficier de la nationalité étasunienne. Illégalement entrés dans le pays, les parents ne seraient pas « soumis à la juridiction » des Etats-Unis et ne pourraient donc appliquer le 14e Amendement à leur enfant. 

Une majorité de constitutionnalistes ne partagent pas sa vision : un arrêt de la Cour Suprême avait en 1898 confirmé qu’un fils d’immigrés chinois, né en Californie, pouvait bénéficier de la nationalité étasunienne. Au-delà de la jurisprudence, les spécialistes sont sous le choc des moyens privilégiés par Donald Trump. Le président voudrait  abroger l’amendement … via un décret présidentiel. 

Sur les migrants illégaux

Traduction : « Notre armée est mobilisée autour de la frontière du Sud. Beaucoup de troupes arrivent en renfort. Nous ne laisserons PAS passer ces caravanes, avec des bandits et des membres de gangs, à travers la frontière des Etats-Unis. Notre frontière est sacrée, vous devez passer légalement. FAITES DEMI-TOUR! »

La réponse de la Newsroom : FAUX

La plupart des migrants qui composent la caravane s’éloignent de la misère, mais aussi de la violence. Le Honduras est l’un des pays avec le taux d’homicides par habitant le plus élevé au monde. En témoigne Marisol, une femme enceinte de 23 ans, qui explique sur RTL avoir fui le Honduras après l’assassinat de son mari par un gang. 

Marisol peut chercher à obtenir l’asile aux Etats-Unis. Comme tous les autres demandeurs d’asile, elle peut entrer sur le territoire étasunien sur présentation d’une demande d’asile — sans savoir si celle-ci sera acceptée. Les violences de gang entrent dans l’une des catégories du droit d’asile aux Etats-Unis : celle d’une « peur crédible » sur la vie de la personne qui demande l’asile. 

Sur la composition de la caravane 

Traduction : « Malheureusement, on dirait que la police et l’armée mexicaine sont incapables d’arrêter la caravane à la frontière du Sud des Etats-Unis. Des criminels et des personnes issues du Moyen-Orient y prennent part. J’ai averti les patrouilles frontalières et l’armée qu’il s’agit d’une urgence nationale. La loi doit changer ! »

La réponse de la Newsroom : FAUX

L’immigration est le thème central de la campagne républicaine pour les mid-terms. Son ressort principal : la peur, en laissant croire que des terroristes se cacheraient parmi les caravanes … en provenance d’Amérique Centrale. 

Interrogé par CNN, Donald Trump a reconnu qu’il n’avait « aucune preuve » de la présence de migrants venus du Moyen-Orient dans les caravanes. D’après Amnesty International, ces caravanes sont principalement composées de familles. 

Découvrez notre article sur les enjeux autour de la question migratoire pour les midterms.