Les “caravanes de migrants”, un enjeu majeur des midterms

A quatre jours des élections de mi-mandat américaines, le débat politique se cristallise autour de la question migratoire. Un enjeu d’une importance capitale pour Trump et les Républicains.

Déclarations chocs, tweets assassins. Trump durcit le ton face aux caravanes de migrants en provenance d’Amérique Centrale. La stratégie est simple : rassembler sa base d’électeurs autour de la question polémique des migrants. Une valeur sûre pour le président Trump, il s’agit de l’un des seuls thèmes qui lui permettrait de remobiliser ses partisans. Et peut-être au delà. En effet, les réformes du président américain sont loin de faire l’unanimité, même dans son propre camp. 60% des américains estiment que la réforme fiscale de Trump profite aux plus riches et aux grandes entreprises. Mais 73% des électeurs de Trump classent la question migratoire comme un enjeu d’une très haute importance lors de leur vote de 2016.

Le président choisit ainsi d’en faire « le thème central de sa campagne, où il a tout misé sur l’immigration et le clivage partisan au risque d’ailleurs de perdre des électeurs républicains plus modérés », argumente Corentin Sellin, professeur agrégé d’histoire et spécialiste de la politique américaine. « Mais la question demeure, pourquoi diable Trump tambourine-t-il sur l’immigration, thème certes central pour ses électeurs mais pas pour les indépendants décisifs à gagner les midterms, au lieu de marteler cette réussite économique exceptionnelle ? », s’interroge-t-il sur Twitter.

Une thématique macro, devenue un argument de campagne local pour les candidats Républicains dans les États frontaliers, à l’instar de Ted Cruz pour le Texas ou Martha McSally en Arizona.

Communication tapageuse

Alors que les élections de mi-mandat se tiendront le 6 novembre, la surenchère s’accélère ces derniers jours. Abolir le droit du sol, limiter l’accès à la citoyenneté américaine, mobiliser 15 000 soldats américains à la frontière mexicaine, autoriser les tirs sur les migrants… Trump multiplie les annonces. La violence du discours monte d’un cran. Sans oublier les analogies entre réfugiés et tueurs en série, voire terroristes. Le président américain a d’ailleurs tweeté une vidéo de campagne mêlant le témoignage du tueur Luis Bracamontes à des images des caravanes de migrants, sous-entendant un lien entre les deux. Donald Trump avait d’ailleurs admis devant CNN qu’il ne disposait d’aucune preuve.

Quatre caravanes de migrants sont actuellement en route vers les États-Unis. L’ONG Pueblos sin Fronteras souligne que les caravanes sont contraintes de progresser à pied. Un mode de transport dangereux, car « le risque de violences exercées par le crime organisé est très élevé », explique Gina Garibo, porte-parole de l’OGN. La première caravane, partie le 12 octobre du Honduras, se trouvait jeudi à 1 400 km des États-Unis. Ils fuient pour la plupart une société pauvre et ultraviolente, avec l’un des plus haut taux de criminalité au monde. Jari Dixon, politicien du Honduras résumait la situation : « ils ne courent pas après le rêve américain, ils fuient le cauchemar hondurien ». 

Infographie Margot Zaparucha

Découvrez notre vrai/faux à propos des déclarations du président Trump sur les caravanes de migrants.