Soupçonné de fraude, Carlos Ghosn, PDG de Renault‐Nissan, arrêté au Japon

Alors qu'était annoncée en milieu de matinée ce lundi l'arrestation au Japon pour malversations et dissimulation fiscale du PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, l'action du constructeur automobile français perdait plus de 10% à la bourse de Paris.

Arrêté, attaqué par sa propre entreprise et en passe d’être démis de ses fonctions de PDG de Nissan, le roc de l’industrie automobile française et mondiale, Carlos Ghosn, est en passe de tomber de son piédestal. Le PDG de Renault et de Nissan, habituellement à la une de l’actualité en France pour les débats autour de ses folles rémunérations, vient d’être arrêté au Japon pour des soupçons de malversations et de dissimulations de revenus au fisc japonais.

La nouvelle de son audition, annoncée aux alentours de 10h en France, puis de son arrestation ont lancé le décrochage de l’action Renault à la bourse de Paris. Elle perdait 10,4% à 12h30 pour atteindre 57,8 euros, son plus bas niveau depuis octobre 2014.

Avant même que son arrestation ait été annoncée, Nissan a confirmé dans un communiqué les accusations portées à l’encontre de son président et va proposer à son conseil d’administration de le démettre de ses fonctions de PDG. L’entreprise japonaise dit avoir réalisé pendant plusieurs mois une enquête interne sur son PDG suite au signalement d’un lanceur d’alerte.

Ce franco‐libano‐brésilien de 64 ans dirige le groupe Renault‐Nissan‐Mitsubishi en tant PDG de Nissan depuis 2001 et de Renault depuis 2005. Il est très respecté au Japon et vu comme un chef d’entreprise aux méthodes révolutionnaires. Il est même le héros d’un manga, la bande dessinée japonaise, intitulé « L’histoire vraie de Monsieur Ghosn ».

En France, il est plus connu pour sa rémunération élevée pour son poste à Renault, entreprise en partie détenue par l’Etat. Il a gagné en tant que PDG de Renault 7,4 millions d’euros en 2017 et 9,2 millions pour le même poste à Nissan.