Ce retraité va dériver trois mois dans l’Atlantique… dans un tonneau

Traverser l’Atlantique à bord d’un tonneau, c’est le pari fou que s’est lancé Jean-Jacques Savin. Ce retraité girondin de 71 ans va se laisser dériver sur 5 000 km, pendant trois mois.

Le départ est prévu dans moins d’un mois, et l’impatience de Jean-Jacques Savin se fait sentir. A 71 ans, cet aventurier dans l’âme s’est lancé un défi encore jamais relevé : traverser l’Atlantique… à bord d’un tonneau. Seul, il compte se laisser dériver par le courant, dans l’immensité de l’océan, pendant trois mois.

« J’avais envie de traverser l’Atlantique de manière particulière. J’ai pensé le faire à la nage, à la rame, en voilier… mais ça avait déjà été fait, raconte Jean-Jacques Savin. Et je préfère être passager de l’océan plutôt que passager d’un navire. » Aux alentours du 21 décembre, « dès que les vents seront favorables », il quittera les îles Canaries, pour s’échouer 5 000 km plus loin, aux Caraïbes. Le retraité se dit « sûr d’arriver là-bas », il a confiance en les vents et les courants.

A l’intérieur, « c’est le grand luxe ! »

L’océan, cet ancien militaire parachutiste le connaît bien. Il a « toujours » possédé un voilier et a déjà traversé quatre fois l’Atlantique. « A la naissance de ma fille, il y a 25 ans, nous avons entamé un tour du monde en voilier pendant sept ans », se souvient Jean-Jacques. Le « très bon souvenir » qu’il en garde explique la sérénité avec laquelle il s’apprête à partir.

Son tonneau orange, de 3 mètres de long et aux allures de capsule spatiale, est bientôt prêt. Entièrement réalisé par un jeune architecte naval – dont c’est le premier projet de sa carrière – sa fabrication a duré six semaines. C’est désormais à Jean-Jacques de prendre le relai pour les « dernières modifications ». Il doit encore prévoir l’approvisionnement. Au menu : nourriture lyophilisée et poissons pêchés en plein océan. Mais pour l’heure, l’essentiel est en place.

Jean-Jacques Savin dans le coin couchette de son tonneau. DR/J‑J.Savin

Dans les 6 m² intérieurs, il dispose d’une couchette, d’un coin cuisine, d’un bureau de cartes… et même d’un hublot, pour observer la faune marine. « C’est le grand luxe ! », s’enthousiasme Jean-Jacques. Il a déjà passé deux fois 4 jours à bord de son tonneau pour s’y « habituer » mais l’eau était très calme. Alors pour lui, ce sont les huit premiers jours qui seront décisifs. « Il faut que je m’adapte, que je vois le comportement du tonneau dans les vents et la houle. Je n’ai pas non plus envie de me retrouver au Maroc ! »

Pas le temps pour l’ennui

Vers le 15 décembre, Jean-Jacques quittera son domicile d’Arès, à 40km de Bordeaux, pour l’Espagne. Derrière lui, son tonneau, traqué par une remorque. Trois jours plus tard, le 18 décembre, il embarquera à bord d’un ferry en Andalousie. C’est depuis El Hierro, l’île la plus au sud des Canaries, que le retraité se jettera à l’eau.

Une fois l’embarcation stabilisée, Jean-Jacques a prévu de quoi s’occuper. « Je vais jouer de la musique ! J’aurais ma mandoline, que j’emmène partout. Je vais aussi peindre des fresques en aquarelles à l’intérieur du tonneau. Et j’ai de quoi lire, filmer et écrire. » En bon moussaillon, il tiendra un journal de bord.

Jean-Jacques souhaite également donner un côté « ludique » à son expérience. « Je vais partir avec une bouteille de Saint-Emilion 2017 pour voir le vieillissement du vin au cours du voyage ! » Une bouteille, il compte aussi en jeter une en plein milieu de l’océan. Il y insérera un message, comme il l’a « toujours fait ».

Pour financer son voyage, le retraité a lancé une cagnotte en ligne. « Il manque encore 18 000€ », soit un tiers du budget, précise-t-il, tout en restant confiant. Il promet par ailleurs que le prénom de chaque contributeur sera inscrit sur son tonneau, histoire de faire voyager avec lui tous ceux qui croient en son aventure.

Les 5 façons les plus insolites de traverser l’Atlantique
- A la nage, c’est l’exploit qu’a réalisé Guy Delage, en 1995. Il a parcouru plus de 3 700 km en 55 jours… en nageant pas moins de 6 à 8 heures par jour. — A la rame, comme Gérard d’Aboville, en 1980. Seul, dans un canot de 5,6 mètres à peine, il a ramé pendant 71 jours et 23 heures. — En pédalo, c’est le pari fou qu’a réussi Jean-Gabriel Chelala en 2008, à 27 ans. — En planche à voile, comme Christian Marty. En 1982, il relie le Sénégal à la Guyane en 37 jours. — En jet ski, comme l’a fait un membre de la famille royale espagnole, Alvaro de Marichalar, en 2002. Debout 12 à 14 heures par jour, il a dû affronter vagues et requins.