Jawad Bendaoud devant les juges, «c’est reparti»

Le procès en appel du « logeur de Daech » s’est ouvert ce matin au Palais de Justice de Paris. Relaxé en première instance, Jawad Bendaoud encourt six ans de prison.

« Et c’est reparti », c’est la légende qu’a choisi Jawad Bendaoud pour accompagner sur le réseau social Snapchat, les photos de son arrivée au Palais de Justice de Paris. Son procès en appel s’est ouvert ce matin et doit durer un mois. Celui qui est surnommé le « logeur de Daech » risque six ans de prison.

Jawad Bendaoud est jugé pour « recel de malfaiteurs terroristes », pour avoir logé deux djihadistes du 13‐Novembre, dont l’un des cerveaux présumés des attentats. Il a fourni un appartement, un « squat » selon les termes du président de la Cour d’Appel, à Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh. C’est dans cet immeuble de Saint‐Denis (Seine‐Saint‐Denis) que les deux djihadistes ont été abattus le 18 novembre, dans l’assaut des policiers du Raid.

Capture d’écran Twitter‐Huffington Post

Bras croisés, vêtu d’un survêtement noir aux bandes à paillettes dorées, l’homme de 32 ans est arrivé décontracté devant la Cour d’Appel ce matin. Contrairement à son premier procès, en janvier‐février dernier et à l’issue duquel il a été relaxé, Jawad Bendaoud comparaît libre cette fois. C’est également le cas de Youssef Aït Boulahcen, assis à ses côtés, au premier rang. Il est jugé pour « non‐dénonciation de crime terroriste », une accusation qui lui a valu une condamnation à 4 ans de prison dont un avec sursis – peine qu’il n’a pas encore effectuée.

Le début d’un long procès

Il s’est écoulé plus d’une heure avant que l’audience ne commence. En cause, l’absence d’un troisième prévenu : Mohamed Soumah. Jugé pour le même motif que Jawad Bendaoud — « recel de malfaiteurs terroristes » — il a lui été condamné à 5 ans de prison. L’extraction de sa cellule a vraisemblablement retardé le début du procès.

A son arrivée, Mohamed Soumah est placé dans le box. Quasi immédiatement, l’avocate générale annonce le désistement de son appel. Mohamed Soumah a fait le choix de renoncer à sa demande de mise en liberté. Sa présence au procès n’est donc plus nécessaire, aux yeux du président. Dorénavant, il sera représenté par ses avocats, excepté les jours où « Jawad » sera interrogé, afin qu’il puisse exprimer leurs « divergences de témoignages », précise un des avocats de la défense.

Le président énumère la longue liste des avocats des parties civiles. Dans la salle, beaucoup moins de monde qu’au premier procès. Pendant plus d’une demi‐heure, l’ensemble des faits qui sont reprochés aux prévenus ont été rappelés. Un écrit prolixe durant lequel « Jawad » semble s’assoupir. On entendra le son de sa voix une seule fois lorqu’il rétorquera séchement à l’avocate générale requérant la présence de sa mère qu’ ”elle est au Maroc !”

Ce matin, aucun des prévenus n’a été entendu. Les auditions commencent jeudi avec celle de Youssef Aït Boulahcen. Jawad Bendaoud, lui, sera entendu à partir du 28 novembre prochain, soit environ trois semaines avant de savoir s’il sera relaxé une nouvelle fois.