Patrimoine immatériel de l’UNESCO, mode d’emploi 

Le reggae de Jamaïque, la fabrication artisanale de décorations de Noël en perles de verre soufflé ou encore la dentellerie aux fuseaux en Slovénie… 50 éléments attendent patiemment d’être reçu, ou non, au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Décision du 26 novembre au 1er décembre prochain à Port Louis.

Différente du patrimoine mondiale de l’Unesco, cette liste représente en fait un inventaire non exhaustif de pratiques culturelles. Chaque année, les 178 états membres de la convention de l’UNESCO peuvent proposer un élément propre à la tradition de leur pays. 

Ces candidatures sont examinées par un organe d’évaluation formé par six représentants d’ONG actives sur le patrimoine immatériel et six experts en patrimoine immatériel. Un avis favorable ou défavorable est alors rendu sur chaque éléments candidats. Le Comité intergouvernemental du patrimoine immatériel de l’UNESCO se réunit ensuite pour suivre, ou non, l’avis des experts. 

50 projets à évaluer

Trois listes existent. La “liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité“, où 40 éléments se sont proposés, vise à assurer une plus grande visibilité aux coutumes, traditions et savoir‐faire. Elle compte aujourd’hui 399 éléments. La France candidate cette année, avec les savoir‐faire liés au parfum en Pays de Grasse : la culture de la plante à parfum, la connaissance des matières premières naturelles et leur transformation, l’art de composer le parfum.

Plus particulière, la “liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente“ permet aux éléments concernés de bénéficier d’une attention particulière de l’UNESCO auprès des Etats pour sauvegarder la coutume, la tradition ou le savoir‐faire. Une aide financière est d’ailleurs envisageable pour cette liste où 52 éléments sont inscrits à ce jour. Le Portugal a par exemple inscrit son artisanat sur le céramique, façon d’envoyer un message positif aux artisans toujours adepte de cette pratique :  cet élément est important, il faut le sauvegarder. Pour l’année 2018, sept projets sont candidats, comme les marionnettes à gaine traditionnelles égyptienne ou le théâtre d’ombre syrien.

Deux éléments sont également proposés pour être intégrés au registre de “bonnes pratiques de sauvegarde” : le festival national du patrimoine et de la culture Al‐Janadria pour l’Arabie saoudite et le programme « Terre des légendes » pour promouvoir et redynamiser l’art du conte dans le comté de Kronoberg, dans le sud de la Suède.

Enfin, le Comité se prononcera sur une demande d’assistance internationale demandée par l’Albanie pour financer un inventaire de son patrimoine. 

Coup de projecteur, mais pas d’excellence

Ne nous y trompons pas, une présence sur cette liste ne se conclut pas forcément par des actes pour les éléments choisis. Elle représente avant tout un coup de projecteur pour la pratique. Dans tous les cas, le patrimoine immatériel de l’UNESCO ne prétend pas donner un gage d’excellence ou d’exclusivité aux éléments choisis. Aucun quota n’est à respecter, les 50 projets peuvent être tous retenus comme tous déboutés. 

Alors après l’art de la pizza, le flamenco espagnol ou le festival de lutte à l’huile de Kirkpinar en Turquie, qui décrochera son ticket pour cette liste ?