À la RATP, le paysage syndical bouleversé

Les employés de la régie des transports parisiens ont pu voter en ligne, pendant une semaine, pour redessiner le paysage syndical de l'entreprise. L'Unsa devient le principal syndicat de la RATP, devant la CGT.

Les élections professionnelles ont fait de grands gagnants et de grands perdants à la RATP. Le vote, qui s’est tenu en ligne — une première — pendant une semaine et s’est terminé jeudi matin, couronne l’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa). La fédération syndicale emporte 30,19 % des suffrages, une progression de 7,6 points par rapport aux dernières élections dans la régie des transports parisiens.

La CGT, jusqu’à présent principal syndicat de la RATP, chute au deuxième rang, avec 30,11 % des voix. Si le retard sur l’Unsa est infime, c’est un nouveau camouflet pour la centrale dirigée par Philippe Martinez, qui avait déjà perdu près de 3,5 points lors des dernières élections, en 2014.

Autre grand perdant, SUD perd plus de 6 points (à 8,95 %) et, en passant sous la barre des 10 %, perd son statut de syndicat représentatif dans l’entreprise. À l’inverse, la CFE‐CGC devient représentative en dépassant de peu 10 % des suffrages (10,43 %).

Un changement important : avec la réforme du Code du travail, un accord d’entreprise peut être signé en obtenant la majorité parmi les syndicats représentatifs. Majorité que représentent, à présent, l’Unsa, réformiste, et la CFE‐CFC, qui défend les cadres. Des revendications bien éloignées de celles de la CGT, syndicat qui s’oppose régulièrement aux directions prises par le patronat.

Ces élections au sein de la régie de transports ont également été marquées par une faible participation, de l’ordre de 45 %, contre 65 % il y a quatre ans. 45 000 électeurs de la société de transports étaient appelés à voter.