L’éleveur de poulets à la vidéo virale fournit‐il vraiment l’Élysée ?

Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, Aloïs Gury, éleveur de poulets de Bresse, revenait sur ses conditions de vie difficiles alors qu’il fournirait l’Elysée en volailles. Dans une nouvelle vidéo, il a reconnu que ce n’était pas le cas.

« Vous ne méritez pas de manger mes volailles ». Dans son poulailler avec un gilet jaune sur les épaules, Aloïs Gury s’attaque directement à Emmanuel Macron dans une vidéo de huit minutes publiée sur les réseaux sociaux mercredi. Dans cette séquence extrêmement partagée par les internautes, celui qui dit fournir l’Elysée en poulets de Bresse raconte ses conditions de vie difficile et son salaire de 700 euros. Selon lui, ses volailles se seraient même retrouvées dans les assiettes de Donald Trump et Vladimir Poutine lors des cérémonies du 11 novembre. Mais l’histoire est en fait un peu plus compliquée.

Dans un communiqué mercredi soir, le palais présidentiel a d’abord précisé qu’Aloïs Gury n’a « jamais fourni l’Elysée ». Selon la présidence, Cyril Degluaire et Thierry Desmaris sont les deux éleveurs dont les poulets ont été dégustés par les grands de ce monde pour célébrer l’armistice. Guillaume Gomez, chef des cuisines de l’Élysée, a lui aussi confirmé l’information sur Twitter.

Comment ne pas être touché par votre message Je compatis à votre détresse. Mais vous ne fournissez pas l @Elysee en volaille de Bresse. Je continuerai naturellement à promouvoir les producteurs et les produits de qualité sur les menus présidentiels comme je l’ai toujours fait.

— Guillaume Gomez Chef (@ggomez_chef) 28 novembre 2018

Même réponse du côté des deux abattoirs de la région de Montrevel. L’abatteur Miéral et la coopérative Chapon Bressan s’approvisionnent bien chez cet éleveur mais ses volailles n’ont jamais atterri sur la table présidentielle. « Nous n’avons pas de circuit direct vers l’Elysée, nous précise‐t‐on du côté de Chapon Bressan. Et il y a des suivis précis donc on sait exactement où vont les poulets, il n’y a pas de doute. »

Après ces démentis, Aloïs Gury a d’abord effacé sa première vidéo avant d’en publier une nouvelle ce jeudi. « Je ne suis pas le fournisseur de l’Elysée, a reconnu l’éleveur qui s’est dit « dépassé » par l’ampleur qu’a prise l’affaire. Ce sont des volailles de confrères et c’est très bien comme ça. »

Selon CheckNews, la conseillère agriculture du président de la République s’est entretenue avec cet éleveur jeudi matin « pour vérifier qu’il bénéficiait bien de tous les dispositifs auxquels il pouvait prétendre ». Car pour le coup, s’il ne fournit pas l’Elysée, il n’y a aucune raison de douter des difficultés de l’éleveur.