Procès de Jawad Bendaoud : « Sur la tête de mon fils, je savais rien »

Jawad Bendaoud, jugé en appel depuis le 21 novembre, comparaissait jeudi. Très agité, il a continué d’affirmer qu’il ne connaissait pas l’identité des deux terroristes du 13 novembre 2015 à qui il avait loué un logement en Seine-Saint-Denis.

Malgré de profondes inspirations  avant de commencer l’audience, Jawad Bendaoud peine à contenir sa colère lorsque les avocats de la partie civile l’interrogent. « On veut me rendre fou. Sur la tête de mon fils, je savais rien. Je suis pas un lâche, les terroristes, ça c’est un truc de lâche » explose-t-il, faisant saturer les micros de la salle de la cour d’appel de Paris qui le juge depuis le 21 novembre.

Vêtu du même jogging à paillettes que la veille, le logeur de deux des terroristes responsables des attentats sanglants du 13 novembre 2015, a nié, hier encore, connaître leur identité. Il assure ne pas avoir eu connaissance de leurs projets au moment de louer son logement de Seine-Saint-Denis.

Jawad Bendaoud n’imagine pas un instant que son ami Mohammed Soumah ait pu le mettre en relation avec ce type de criminels. « Hé vous croyez que je suis un trou-du-cul ou quoi ? Je me suis associé avec Soumah pour le trafic de stupéfiants, par pour des terroristes », crie-t-il, obligeant l’un de ses avocats, Me Nogueras, à intervenir pour le calmer.

Les « chut » réguliers lancés par son défenseur sont vains face à un Jawad Bendaoud incontrôlable.  Le prévenu n’hésite pas à demander aux avocats des parties civiles s’ils font « semblant de pas comprendre pour satisfaire les gens qui (les) payent. » Il les menace même, affirmant « avoir des petits dossiers sur (..) des gens ici qui sont très très louches. » Il finit par se tourner vers les parties civiles, hors-de-lui, « vous voulez qu’on fasse un film pour que vous compreniez ? Une série ? »

Les demandes répétées du président de « revenir avec nous » et de « regarder la cour » ne sont que rarement entendues par Jawad Bendaoud.  « J’ai la conscience tranquille » et « je peux mourir en paix » déclame-t-il. S’il avait été relaxé en première instance, le logeur encourt aujourd’hui jusqu’à six ans d’emprisonnement.

Image : BFMTV