Espionnage au Sénat: Benoît Quennedey mis en examen pour trahison

L'administrateur du Sénat Benoit Quennedey a été mis en examen jeudi 29 novembre dans la soirée, pour trahison envers l'Etat français. Il est accusé d'avoir livré des informations à la Corée du Nord.

Soupçons d’espionnage au Sénat: Benoît Quennedey, administrateur de l’institution parlementaire vient d’être mis en examen par le parquet, dans la soirée de jeudi 28 novembre. Le membre du Parti radical de gauche est accusé de “livraison d’informations à une puissance étrangère, recueil en vue de livraison d’informations à une puissance étrangère, intelligence avec une puissance étrangère”.

De retour d’un week‐end familial, le haut fonctionnaire dijonnais a été interpellé le week‐end dernier, avant de passer 96 heures en garde à vue au siège de la DGSI. Il encourt jusqu’à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.

Bons baisers de Pyongyang

Président de l’association amitié France‐Corée, Benoit Quennedey n’a jamais caché sa sympathie pour le régime de Pyongyang, quitte à oublier le devoir de réserve auquel il est soumis en tant que haut fonctionnaire (ordonnance du 17 novembre 1958). Auteur de deux ouvrages sur le régime de Pyongyang, ce passionné de la dictature asiatique vantait en 2017 le système nord coréen: “on a la santé gratuite, on a l’éducation gratuite, on a des systèmes d’appartements qui sont à très bas prix”.

Le quadragénaire s’intéresse au pays de Kim Jong‐un depuis ses études à Science po, il s’est rendu au moins huit fois dans le pays. Son dernier séjour remonte au mois de septembre dernier, lors des 70 ans du régime.

“C’est un nouveau Tarnac”

De son côté, le comité de soutien de Quennedey dénonce une décision “révoltante”. Aymeric Monville, son porte‐parole estime que “Le fait de ne pas hurler avec les loups contre la Corée fait de vous un mauvais Français, comme disait le maréchal Pétain que semble apprécier Emmanuel Macron. Cette affaire est à la fois loufoque et écœurante.”

Pour l’anti-impérialiste, “C’est un nouveau Tarnac”. Aymeric Monville fait un parallèle entre la mise en examen de Quennedey et l’arrestation du groupuscule anarchiste “Tarnac” en 2008, accusé d’avoir commis des actes de sabotage sur des lignes TGV pour ralentir le traffic. Faute de preuves matérielles, les neuf individus mis en examens avaient été relâché au terme de 15 000 heures d’écoutes policières et d’un dossier de près de 30 000 pages. En attendant que la Justice fasse toute la lumière sur l’affaire Quennedey et les charges de trahison qui pèsent contre le haut fonctionnaire, le Sénat l’a démis de ses fonctions.