Les syndicats, snobés par les gilets jaunes, consultés par Matignon

C’est un thème qui revient régulièrement dans les médias depuis le début du mouvement des gilets jaunes : la place des syndicats, court‐circuités par les réseaux sociaux dans les débuts de la mobilisation. « Sont‐ils ringardisés ? », interroge Ouest France. « Ont‐ils encore un avenir ? », demande Le Figaro. « Ils tentent de reprendre la main », assure Challenges.

Les syndicats ont pourtant été reçus, vendredi, par Edouard Philippe. Le Premier ministre a voulu rencontrer plusieurs représentants syndicaux afin d’évoquer avec eux la contestation des gilets jaunes.

Michel Beaugas, représentant Force ouvrière (FO), Laurent Berger de la CFDT, Philippe Louis de la CFTC et François Hommeril de la CFE‐CGC ont demandé des solutions « immédiates » et « concrètes » en faveur des gilets jaunes. Laurent Berger et Yves Veyrier ont demandé que la prime transport, qui existe actuellement sous conditions, soit étendue à un plus grand nombre de salariés utilisant leur voiture pour aller au travail.

L’un des principaux sujets évoqués a bien sûr été la hausse des taxes sur les carburants, prévue le 1er janvier 2019 et dont les gilets jaunes demandent la suspension. Les taxes devraient, si la mesure n’est pas suspendue, augmenter de 6,5 centimes par litre sur le diesel et de 2,9 centimes par litre sur l’essence. Les syndicats ont donc tenté d’exprimer la demandes des gilets jaunes, FO demandant un « moratoire » sur le sujet.

Les syndicats ne sont que peu pris en compte par les gilets jaunes, dont le fonctionnement horizontal empêche de définir un positionnement vis‐à‐vis des différentes centrales. Des représentants du mouvement ont publié, jeudi, une longue liste de revendications, qui va bien au‐delà du sujet du coût du carburant. Des revendications jugées « légitimes » par Marie‐Claire Cailletaud, la représentante de la CGT. Après avoir reçu les syndicats, Edouard Philippe a rencontré, vendredi après‐midi, deux gilets jaunes… dont l’un a quitté Matignon en apprenant que la rencontre ne serait pas diffusée en direct. Une rencontre « utile », selon les mots du Premier ministre.