Polnareff, provoc’ en stock

Michel Polnareff sort aujourd’hui un album après plus de 50 ans de carrière… et presque autant de scandales. 

« Sale gosse attachant ». Si on devait résumer Michel Polnareff, cette formule de Benoît Cachin, biographe du chanteur, conviendrait parfaitement. Attachant, car l’homme né en 1944 est un génie de la mélodie, auteur de tubes tels « La Poupée qui fait non », « Lettre à France » ou « On Ira Tous au paradis ». Sale gosse, car il est aussi grand provocateur.

La première frasque de l’artiste remonte à la fin des années 1960. Très myope, il chausse des lunettes noires. « À cette époque, apparaître à la télévision avec des lunettes de soleil était très mal vu, très impoli », se remémore Benoît Cachin. Un signe distinctif qui, associé à la chevelure blonde de Polnareff, a participé à la construction du mythe.

Fesses à l’air, insultes et procès

Quelques années plus tard, c’est une affiche de son concert Polnarevolution qui fait polémique. On y voit l’artiste travesti, fesses à l’air. Buzz assuré et coup de publicité maximal. En janvier 1973, le tribunal correctionnel le condamne pour attentat à la pudeur. Victime d’un escroc, il n’a plus d’argent, se réfugie aux États‐Unis. Un exil critiqué encore aujourd’hui par ceux qui lui reprochent de ne pas payer ses impôts en France.

Mais « l’amiral » a l’habitude des reproches. À cause de sa voix aigüe, de nombreuses rumeurs sur son homosexualité sont apparues très vite. L’artiste y a répondu en chanson en 1970 avec « Je suis un homme ». On peut entendre « Les gens qui me voient passer dans la rue — Me traitent de pédé — Mais les femmes qui le croient — N’ont qu’à m’essayer ».

Car Polnareff ne cache pas sa vie privée. Il multiplie les couvertures des magazines people où il annonce sa paternité en 2010…avant de découvrir qu’il n’est pas le père de Louka. C’est sur la place publique qu’il règle ses comptes à coups d’interviews et de livres.

Dernier scandale, il est contraint d’annuler la fin de sa tournée en 2016 à cause d’une embolie pulmonaire. Attaqué en diffamation, son producteur, qui avait accusé Polnareff d’avoir simulé sa maladie, sera finalement relaxé à deux reprises.

Doit‐on s’attendre à une nouvelle polémique avec son nouvel album ? « C’est un artiste libre qui a toujours aimé la provoc’, reconnaît Benoît Cachin. Pour son nouveau disque, il ne vient pas en France faire sa promotion mais reste à Los Angeles. Il continue de faire ce qu’il a envie de faire ».