Préservatifs remboursés : Eden a‐t‐il été favorisé par le gouvernement ?

Les préservatifs de la marque Eden, seront remboursés par l’Assurance maladie à partir du 10 décembre. Des internautes sur les réseaux sociaux estiment que le vendeur de ces protections n’a pas été choisi au hasard.

Pour certains, la pilule ne passe pas. Invitée de France Inter mardi matin, Agnès Buzyn a annoncé qu’à partir du 10 décembre, les médecins pourront prescrire des préservatifs masculins de la marque Eden. Sur Facebook et Twitter, des comptes n’ont pas tardé à voir un conflit d’intérêts dans cette décision.

Seuls les produits commercialisés par les laboratoires Majorelle pourront être prescrits suite à la décision du ministère de la Santé. Si certains internautes se demandent pourquoi cette marque relativement inconnue a été sélectionnée, d’autres vont jusqu’à accuser le PDG des laboratoires, Guillaume El Glaoui, d’être un proche d’Emmanuel Macron.

 

Si le ministère n’a pas sélectionné une autre marque, c’est tout simplement parce qu’il n’y avait pas d’autre candidat. Les laboratoires Majorelle sont en effet les seuls à avoir déposé une demande d’examen à la Haute autorité de la santé (HAS) pour que leur produit soit remboursable. « Si une entreprise pharmaceutique souhaite qu’un médicament soit remboursable par la Sécurité sociale, elle dépose une demande à la Haute autorité de santé en vue d’un examen par la Commission de la Transparence, peut‐on lire sur le site officiel du ministère des Solidarités et de la Santé. Si elle n’effectue pas de demande, le médicament ne pourra pas être remboursé. » Si la HAS n’émet aucun veto concernant la demande, la décision finale d’inscription au remboursement revient au ministère.

Contactée, la Haute autorité de la santé assure qu’il ne « s’agit pas d’un partenariat ». « Les laboratoires Majorelle sont les seuls à avoir déposé un dossier, assure‐t‐on. Si Durex ou un autre groupe avait fait de même, la Haute autorité de la santé aurait rendu un avis de la même manière ». Pourquoi cette absence de candidatures ? La HAS l’ignore. Mais le fait que le prix d’un produit remboursable n’est pas fixé librement par l’entreprise, mais contrôlé par le Comité économique des produits de santé, a pu refroidir les grands groupes.

Le lien El Glaoui‐Macron

Concernant la relation entre Guillaume El Glaoui et Emmanuel Macron, aucune preuve ne permet d’affirmer qu’il y a bien conflit d’intérêts. Le nom du PDG des laboratoires Majorelle n’apparaît pas dans les mails de campagne révélés par WikiLeaks.

Un internaute imagine un lien à partir de CroissancePlus, un réseau français d’entrepreneurs qui soutiendrait le président de la République. Là encore, aucune information supplémentaire dans les mails de campagne. Contactée, l’association précise que Guillaume El Glaoui « n’est plus adhérant depuis au moins deux ans. » Avant d’ajouter que « CroissancePlus est une association apolitique ».

Le soutien de CroissancePlus à Emmanuel Macron est donc à nuancer. Un sondage publié en 2015 démontrait seulement que l’homme d’Etat (pas encore candidat à l’époque) avait les faveurs des patrons de CroissancePlus. Après l’élection du leader de la République en marche, le président de CroissancePlus, Jean‐Baptiste Danet, avait publié une tribune dans Le Monde indiquant que « les entrepreneurs [étaient] prêts à se mobiliser pour appuyer l’ambition réformatrice d’Emmanuel Macron ».

Mais difficile, donc, d’établir un lien fort entre Emmanuel Macron et CroissancePlus ou entre Emmanuel Macron et Guillaume El Glaoui. Une chose est sûre : si les laboratoires Majorelle et le gouvernement ont quelque chose à cacher dans cette histoire de préservatifs, ils se sont bien protégés.