Séquestrée, violée et torturée pendant deux mois : ses ravisseurs avouent

C’est un fait divers terrifiant dont La Voix du Nord se fait l’écho. Une Dunkerquoise arrivée à Calais début octobre aurait été séquestrée pendant deux mois par deux hommes et une femme. Ayant réussi à prendre la fuite mercredi, elle s’est immédiatement réfugiée dans une pharmacie, dont le patron a alerté la police. Les ravisseurs ont rapidement été appréhendés, et sont passés aux aveux à l’issue de leurs 48 heures de garde à vue.

« En matières de sévices, je vois beaucoup de choses, mais dans cette affaire, l’ampleur et la durée des actes interpellent. »

La jeune femme, seulement âgée de 18 ans, accuse ces trois personnes de l’avoir, durant sa séquestration, violée et torturée. « Si elle est chauve aujourd’hui, c’est parce qu’ils lui ont aspergé la tête avec une bombe d’aérosol et enflammée ensuite », explique, froidement, le procureur de la République de Boulogne-sur-mer, Pascal Marconville. « En matières de sévices, je vois beaucoup de choses, mais dans cette affaire, l’ampleur et la durée des actes interpellent », ajoute-t-il.

« Manger des excréments de chat »

Le procureur a expliqué à l’AFP que la jeune victime avait été forcée de « manger des excréments de chat », « boire de l’urine » et « manger des mégots ». Ayant fui le domicile de ses parents début octobre, elle avait trouvé refuge chez des connaissances, jusqu’à être hébergée par ceux qui allaient devenir ses bourreaux. Des sévices qui auraient pour origine la jalousie de la femme accusée, qui aurait craint que la jeune femme séduise son mari. Les violences auraient commencé par des coups et des humiliations, allant finalement jusqu’au viol.

Les deux hommes, selon La Voix du Nord, sont deux frères âgés d’une vingtaine d’année, et la femme inculpée est l’épouse de l’un des deux frères, quadragénaire. Selon le parquet de Boulogne-sur-mer, tous trois ont reconnu l’intégralité des sévices subis par la jeune victime, mais accusent les autres suspects d’en être responsables. Ils ont été mis en examen, vendredi après-midi, pour viols, actes de torture et de barbarie, enlèvement et séquestration avec actes de barbarie et tentative d’extorsion par menace. Les trois accusés auraient en effet demandé une rançon au père de la victime.

Celle-ci, « dans un état catastrophique » selon le procureur de la République, avait du mal à s’exprimer lorsqu’elle a rencontré la police, et a été immédiatement hospitalisée. Elle présente des traces de brûlure et des séquelles psychologiques très importantes, a expliqué le parquet à l’AFP