Sida : la France dépiste beaucoup, mais tard

La veille de la 30ème Journée mondiale de lutte contre le sida, Santé Publique France dresse un constat alarmant. En France, une personne séropositive sur quatre est diagnostiquée trop tardivement.

Entre janvier 2017 et septembre 2018, 28% des personnes diagnostiquées ont été dépistées à un stade très avancé de l’infection, selon Santé publique France. Elles sont donc porteuses d’une haute charge virale, ou pire : le sida s’est déjà déclaré. Le niveau de globules blancs CD4 indique la progression de l’infection. Plus le taux est bas, plus le virus gagne du terrain, plus l’infection est grave. Pourtant, le nombre de dépistages a significativement augmenté : 5,6 millions de tests VIH ont été réalisés en laboratoire en 2017. La France dépiste donc beaucoup, mais tard.
Un diagnostic tardif peut avoir des conséquences gravissimes. Le patient court un risque accru de développer une autre infection ou un cancer. Dans ce cas, le malade est considéré comme porteur du sida, un statut irréversible. Son espérance de vie diminue drastiquement.
Toutefois, une mise sous traitement précoce augmente significativement l’espérance de vie. Elle avoisine alors celle de la population générale. Chez les patients traités très tôt, la charge virale devient indétectable. Ils sont toujours porteurs du virus mais ne risquent plus de le transmettre. Etre diagnostiqué tôt est donc primordial.

Beaucoup d’espoirs ont été mis dans les autotests, disponibles depuis 2015 en pharmacie sans ordonnance. Ces dispositifs médicaux permettent de détecter la présence du virus via une petite piqûre au doigt. Mais les ventes plafonnent à 75 000 unités. Cet outil, qui devait révolutionner les méthodes de dépistage, est encore trop cher (autour de 30 euros) et trop peu visible.
Depuis 2014, on compte 6000 nouvelles contaminations par an. Un chiffre qui pourrait grandement diminuer avec une meilleure information et prévention, selon l’association Aides.