Sida : La PrEP, un comprimé presque parfait 

Le traitement préventif contre le sida, la PrEP, pourrait faire reculer l’épidémie d’ici deux ans.  

Prévenir le sida, c’est possible. Prescrite sous forme de comprimé, la prophylaxie pré‐exposition (PrEP) réduit les risques d’infection de 99% au moment des rapports sexuels. Le médicament a déjà fait reculer le nombre de victimes du virus dans d’autres pays.

À San Francisco, le nombre de nouvelles contaminations a chuté de 49% entre 2012 et 2016. Avec ses 10 000 « prépeurs », la France reste loin derrière. « On estime à 30 000 le nombre de patients qu’il faudrait traiter pour faire reculer le virus », déclare Jérémy Zeggagh, infectiologue à l’hôpital Saint‐Louis à Paris.

« C’est incroyable, mais la France est l’un des seuls pays à rembourser la PrEP, et l’on ne voit toujours pas l’effet du médicament sur l’épidémie », se lamente Constance Delaugerre, ex‐présidente du comité scientifique du Sidaction.

Si l’efficacité de la PrEP sur la propagation de l’épidémie était vérifiée, le nombre de contaminations en Île‐de‐France pourrait baisser de 15% d’ici deux ans. C’est ce que promet l’étude “Prévenir”, menée par l’Association nationale de recherche contre le sida (ANRS), qui s’achèvera en 2020. De quoi redonner espoir aux associations inquiètes de voir les chiffres du sida stagner depuis cinq ans.