La Pologne, gueule noire de l’Europe

La COP 24 a commencé dimanche dernier en Pologne. Pourtant, le pays dépend essentiellement du charbon pour sa production d'électricité, ce qui est en fait le deuxième pollueur d'Europe.

Le deuxième plus gros pollueur européen accueille cette année la COP24. La Pologne émet à elle seule 10 % des émissions de dioxyde de carbone de l’UE : c’est autant que la France, pourtant près de deux fois plus peuplée. Chaque Polonais produit en moyenne 7,6 tonnes de CO2 par an contre 4,3 tonnes dans l’Hexagone. La raison en est simple, les centrales à charbon représentent 80% de la production électrique du pays.

Contrairement aux autres pays européens, la Pologne n’a pas fait le choix du nucléaire. Pour Baptiste Barbier‐Sorba, consultant en énergie, « c’est une décision stratégique car le territoire polonais bénéficie de ressources abondantes en charbon ». Cela assure au pays une indépendance énergétique en le dispensant d’importer du gaz russe ou du nucléaire français.

Officiellement, la Pologne affiche l’ambition de mener une transition énergétique. « On a tendance à regarder un seul indicateur : les émissions des centrales à charbon, indique Baptiste Barbier‐Sorba. Mais il y a plein d’autres enjeux : l’agriculture qui émet du méthane, la déforestation qui émet du CO2 ». Convertir tous ces secteurs pour les rendre plus propres demande du temps et le pays n’est pas prêt. La Pologne n’a prévu de diversifier sa production qu’après 2030, en se mettant au nucléaire. Pessimiste, le consultant en énergie assure qu’« une transition énergétique de la Pologne arriverait trop tard pour résoudre le problème du réchauffement climatique ».