Une femme de 80 ans meurt à Marseille en marge d’un rassemblement des gilets jaunes

C’est une nouvelle victime en marge de la mobilisation des gilets jaunes. Une femme a perdu la vie à Marseille, en bloc opératoire, après avoir été touchée par une grenade lacrymogène. L’octogénaire, qui était chez elle, « était en train de fermer les volets pour éviter les fumées de bombes lacrymogènes et en a reçu une en plein visage », a expliqué à l’AFP Salim Moussa, avocat d’une proche de la victime.

Une autopsie doit être pratiquée lundi pour définir si le décès de l’octogénaire est dû à l’explosion de la grenade ou à l’opération en bloc opératoire menée à sa suite. « À ce stade, on ne peut pas établir de lien de cause à effet entre la blessure et le décès », a estimé le procureur de la République à Marseille, Xavier Tabareux. Elle serait décédée d’un « choc opératoire », assure‐t‐il, tout en reconnaissant que des plots de grenades ont été retrouvés chez elle. La femme était d’une « santé fragile », selon l’avocat d’une proche.

Quatrième victime du mouvement des gilets jaunes

La manifestation qui s’est tenu à Marseille était organisée à l’appel des gilets jaunes, mais aussi de la CGT locale et d’un collectif qui s’était formé après la mort de huit personnes dans l’effondrement de deux immeubles, début novembre dans le centre‐ville de la cité phocéenne. Des incidents avaient éclaté en marge de cette mobilisation, sur le Vieux‐Port puis sur la Canebière, célèbre artère marseillaise qui part du Vieux‐Port.

Il s’agit du quatrième décès en marge de la mobilisation des gilets jaunes, qui a commencé le samedi 17 novembre et perdure depuis, malgré une légère perte de mobilisation semaine après semaine. Lors du premier jour de mobilisation, une femme était décédée à Pont‐de‐Beauvoisin, en Savoie, écrasée par une automobiliste qui avait paniqué après que des gilets jaunes avaient encerclé son véhicule. Le 20 novembre, un motard avait perdu la vie après une collision avec une camionnette qui tentait de contourner un barrage de gilets jaunes, dans la Drôme. Dans la nuit du 1er au 2 décembre, enfin, un homme était mort à Arles (Bouches‐du‐Rhône) après avoir percuté un camion, arrêté en raison d’un barrage tenu par les gilets jaunes. La victime de Marseille est donc la première à perdre la vie suite au lancer d’un projectile par des forces de l’ordre.