Charbon : quel avenir pour la centrale de Cordemais ?

La centrale de Cordemais est menacée de fermeture, alors qu’elle a entamé sa reconversion énergétique.

Ce projet de reconversion, ils y tiennent. Les salariés de la centrale à charbon de Cordemais (Loire‐Atlantique) ont manifesté lundi leur incompréhension auprès du préfet du département. La fermeture du site a été annoncée il y a une semaine, alors que la centrale s’est engagée depuis 18mois dans une reconversion d’énergie biomasse. Cordemais, comme les trois autres centrales à charbon françaises, fermera d’ici 2022 pour concrétiser l’accord de Paris de 2015, dont la mise en œuvre est l’un des objectifs affichés de la COP24, qui a débuté dimanche en Pologne. Pour réduire ses émissions de CO2, la France sacrifie donc ses usines à charbon dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE).

1200 emplois en danger

Les représentants syndicaux CGT de la centrale à charbon de Cordemais mettent en avant l’effort de reconversion du site ainsi que l’impact social et économique d’une fermeture. Si la centrale s’éteint, « c’est non seulement 400 emplois EDF qui sont mis au tapis, mais au total 1200 emplois qui sont directement liés à notre activité », insiste Gwenael Plane, délégué CGT du site. Comme ceux du port maritime de Saint‐Nazaire qui achemine le charbon jusqu’à la centrale située près Nantes. « Il existe des solutions pour que le port soit toujours un acteur et nous livre la matière première, bois et déchets verts, dont on a besoin », poursuit Gwenael Plane.

Lancé il y a un an et demi, le projet Ecocombust a permis de produire 80% d’énergie issue de la biomasse, contre 20% issue du charbon lors de deux essais réalisés à Cordemais. « Dans trois ans on pourrait être bon pour avoir un brevet », pense Didier Wack, syndicaliste CFDT. « Si l’Etat veut être le chevalier blanc du charbon, il faut prévoir une transition derrière. Pour l’instant, on est sans réponse du gouvernement pour Ecocombust », regrette le syndicaliste. Son homologue de la CGT en est persuadé: « le projet de reconversion permet de sauver la quasi‐totalité des emplois de la centrale ». Pour faire entendre leur voix, les syndicats de la centrale viendront faire part de leur colère au ministère de la Transition écologique et solidaire le 13 décembre. La direction du site « ne fait aucun commentaire sur la décision prise par le gouvernement ».