Carburants, électricité, gaz… Combien le gel des taxes va-t-il coûter à l’Etat ?

Moratoire sur la hausse des carburants, tarifs du gaz et de l’électricité gelés… La suspension de taxes annoncée par l’exécutif face à la crise des gilets jaunes va-t-elle modifier l’équilibre budgétaire 2019 ?

Selon plusieurs soures concordantes, l’ensemble des mesures annoncées par Edouard Philippe ce mardi représenteraient en tout cas 2 milliards d’euros de manque à gagner pour l’Etat sur 6 mois.

Parmi les taxes écologiques qui rapportent, on compte notamment la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE). Selon le projet de loi de finances, elle a permis à l’Etat de gagner 13,3 milliards d’euros en 2018. Son augmentation le 1er janvier 2019 aurait dû permettre à l’Etat de dégager 2,8 milliards d’euros supplémentaires sur l’ensemble de l’année, selon les calculs de nos confrères de Capital, qui se sont basés sur un document annexé au projet de loi des finances de 2019.

Après plusieurs semaines de refus, le Premier ministre a finalement cédé à la principale demande des gilets jaunes. Edouard Philippe a annoncé ce mardi un moratoire sur la hausse des carburants pendant 6 mois. Toute la fiscalité écologique qui avait été mise en place par le gouvernement sera donc suspendue jusqu’en juin 2019. Une décision coûteuse pour l’Etat.

Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement renonce à mettre en place une taxe écologique suite à un mouvement social. En octobre 2013, Ségolène Royal, alors ministre de la Transition écologique, avait elle aussi annoncé un moratoire de durée indéterminée sur la taxe de trains poids lourds, surnommée l’écotaxe. En cause, la forte mobilisation des Bonnets rouges en Bretagne. Pendant plusieurs semaines, une dizaine de milliers de manifestants s’étaient notamment illustrés en occupant des ponts et en détruisant des portiques installés pour prélever l’écotaxe. Après deux reports, la taxe est finalement annulée. Dans son rapport annuel, la Cour des comptes avait évalué le coût de cette décision à un milliard d’euros.