Devant les députés, Christophe Castaner tient bon

« Il y a eu une volonté de tuer. » Comparaissant devant la Commission des lois de l’Assemblée nationale, lundi soir, Christophe Castaner s’en est directement pris aux casseurs. Il était convoqué deux jours après les violences survenues à Paris durant la manifestation des gilets jaunes de samedi 1er décembre. 363 personnes avaient été placées en garde à vue, selon les chiffres du parquet de Paris. Un record.

Le ministre de l’Intérieur défend ainsi les choix faits par son ministère lors de la manifestation. Il était notamment reproché aux forces de l’ordre d’avoir laissé les gilets jaunes entourer l’Arc de Triomphe : « Je ne reprocherai jamais aux hommes qui ont reculé [de l’avoir fait], car il en allait de leur vie », a répondu Christophe Castaner, ajoutant que la vie d’un homme était plus importante que la défense d’un monument, quel qu’il soit.

Mais Christophe Castaner n’a pas refusé toute critique. Il a notamment promis de « revoir la doctrine d’emploi » du maintien de l’ordre. « Face à ces nouvelles formes de violences, il faut que nous puissions avoir des moyens. Pour le renseignement comme pour le maintien de l’ordre, nous avons des doctrines qui ne sont plus adaptées à la réalité ».

Le ministre de l’Intérieur, s’il assume le maintien de l’ordre de samedi, craint que l’acte IV de la mobilisation des gilets jaunes, qui devrait avoir lieu samedi prochain, accapare à nouveau l’énergie des forces de l’ordre. Il demande ainsi que la marche pour le climat, également prévue samedi, ne soit « pas maintenue » par ses organisateurs. Si ceux-ci tenaient à maintenir la manifestation, « nous discuterions avec eux des modalités de sécurisation », a‑t-il ajouté, ne fermant ainsi pas la porte à la tenue de cette marche.

Ce mardi, c’est devant le Sénat que le ministre de l’Intérieur et Laurent Nuñez, secrétaire d’État, comparaîtront. Ils sont convoqués à 16 heures devant la Commission des lois.