L’Italie sur le point de présenter un nouveau budget

La sortie de crise est en vue. L’Italie s’apprête à présenter un nouveau budget. Celui-ci devrait être déposé « dans les prochaines heures », assure le Premier ministre italien Giuseppe Conte.

Le chef du gouvernement entend ainsi éviter à son pays le lancement d’une procédure d’infraction par la Commission européenne. Celle-ci « ferait mal à mon pays et [risquerait] de faire mal à l’Europe », a‑t-il estimé. « Je suis en train de mettre au point la proposition que l’Union européenne ne pourra pas ne pas prendre en considération », a‑t-il assuré.

Lundi, déjà, le vice-président de la Commission européenne avait estimé « positif que le ton des discussions ait changé ». « Mais un ajustement significatif du budget 2019 est également nécessaire », avait-il ajouté. Pierre Moscovici, le Commissaire européen aux Affaires économiques, avait salué « le changement de méthode » de la part du gouvernement italien.

Concessions satisfaisantes

Le bras de fer durait depuis six semaines. Le 23 octobre, la Commission européenne avait retoqué le budget italien, à cause notamment d’une prévision de déficit à 2,4 %, contre 0,8 % annoncés en juin. Ce nouveau chiffre est au-delà des limites fixées par Bruxelles. Giuseppe Conte a assuré, lundi, que l’Italie ne promettrait pas de descendre sous les 2 %, la limite haute demandée par l’Europe. Mais les concessions faites par l’Italie dans d’autres domaines devraient satisfaire la Commission européenne.

L’Italie était par exemple pointée du doigt pour sa dette excessivement haute : 131 % du PIB, soit le deuxième taux le plus haut de l’Union européenne derrière la Grèce. A tel point que Bruxelles avait jugé « justifiée » l’ouverture d’une procédure de déficit excessif contre Rome.

Le gouvernement italien a finalement été poussé à des concessions par l’évolution de l’opinion italienne sur le sujet. Dans un sondage SWG, le dernier paru à ce sujet, 70 % des Italiens se disaient favorables à un accord avec l’Union européenne, et 28 % étaient prêts à négocier sans condition.

La fin du conflit n’est cependant pas entérinée. Pour cela, il faudra attendre la validation par Bruxelles du nouveau budget italien. L’étude de la nouvelle proposition devrait prendre plusieurs jours.