Moratoire sur les taxes 2019: ce que vous allez économiser

Le Premier ministre a décidé ce mardi la suspension des taxes prévues pour janvier 2019. Un recul qui va se ressentir sur le pouvoir d’achat des Français.

Édouard Philippe a annoncé ce mardi matin le gel des taxes prévues sur le carburant, le gaz et l’électricité. Il a également annoncé vouloir suspendre les révisions prévues sur le contrôle technique. Objectif pour le gouvernement ? En finir avec la crise des gilets jaunes et ne pas “mettre en danger l’unité de la nation”.

Dans les faits, que va changer ce recul du gouvernement pour notre portefeuille ? Explications.

  • Gel des taxes sur le carburant

La taxe carbone prévue par le gouvernement devait entrainer, au 1er janvier 2019, la hausse du prix de l’essence de 2,9 centimes/litre et du diesel de 6 centimes/litre. Avec le gel annoncé des taxes sur le carburant, les automobilistes vont éviter une perte supplémentaire de leur pouvoir d’achat.

Prenons l’exemple d’un automobiliste qui parcourt 17 000 km/an (un rouleur moyen) et d’un automobiliste qui parcourt 30 000 km/an (gros rouleur). Nous nous sommes également basés sur une consommation moyenne de 6,07L/100km pour un moteur diesel et 7,3L/100km pour un moteur essence.

Si le rouleur moyen utilise une voiture diesel, il aurait dû payer, en 2019, 62€ de plus qu’en 2018. Avec une voiture essence, il aurait dû payer 38€ supplémentaires.

Si, cette fois, c’est le gros rouleur qui utilise une voiture diesel, ses dépenses de carburant sur l’année 2019 auraient augmenter de 109€, contre 66 avec une voiture essence.

 

  • Électricité: tarif fixe jusqu’en mai 2019

Seconde annonce d’Édouard Philippe:  pas d’accroissement du tarif de l’électricité “sur l’hiver qui s’annonce”. Autrement dit: jusqu’à mai 2019. Le gouvernement avait pourtant tablé, pour la nouvelle année, sur une hausse comprise entre 4 et 7% du prix de l’électricité.

En 2018, le prix moyen d’1 kWh est de 0,145 centimes. Dans le cas d’un studio de 30m2 (consommation moyenne annuelle de 4350 kWh/an), cela représente une enveloppe moyenne de 630€/an. Pour un T3 de 70m2 (consommation annuelle de 13000 kWh/an), l’enveloppe s’élève à 1885€/an. Enfin, pour une maison de 150m2 (consommation moyenne annuelle de 23500  kWh/an), le coût monte à 3407€/an.

Avec la variation du prix de l’électricité estimée entre 4 et 7%, deux hypothèses pour les consommateurs:

Dans une fourchette basse de hausse de prix (+4%), la facture d’électricité pour un studio aurait atteint 655€/an (+25€ par rapport à 2018), 1960 €/an(+75€) pour un T3 et 3543€/an (+136€) pour une maison.

Dans une fourchette haute (+7%), la facture d’électricité d’un studio aurait été de 674 €/an (+34€ par rapport à 2018), de 2017€/an (+132€) pour un T3 et de 3645€/an (+238€) pour une maison.

  • Le prix du gaz: fin de la hausse perpétuelle

Les tarifs réglementés concernant le gaz ne devraient également pas connaître de hausse durant cet hiver 2018. Depuis le début de l’année, son prix a pourtant largement évolué, avec une augmentation de près de 14%. La dernière variation de son tarif remonte au 1er décembre 2018 (-2,4%).

  • Suspension de la réforme du contrôle technique

Plus étonnant, le Premier ministre a également annoncé la suspension de la réforme du contrôle technique. Sa révision, qui ne concerne que les véhicules diesel, devait permettre de durcir les normes anti-pollution, notamment pour les véhicules antérieurs à 2011. Ces derniers représentant près de 15% des moteurs au gazole selon l’Argus.  Cette nouvelle réglementation devait ainsi accroitre le nombre de contre-visites et  entraîner un coût supplémentaire pour les automobilistes. Le gouvernement a décidé de suspendre pour six mois la mise en application de cette réforme.