Cinq points à retenir du discours d’Edouard Philippe à l’Assemblée

Le Premier ministre Edouard Philippe s’est exprimé en milieu d’après-midi devant l’Assemblée nationale concernant son projet de fiscalité écologique, suite au moratoire sur la hausse du prix des carburants.

D’abord hué par les députés, le Premier ministre Edouard Philippe a présenté ce mercredi devant l’Assemblée nationale son projet fiscal écologique, suite au moratoire annoncé contre la hausse du prix des carburants. « Ces décisions ont pour but de ramener la sérénité dans le pays », a d’emblée déclaré Edouard Philippe, dans le sillage de la colère des gilets jaunes mobilisés depuis le 17 novembre. Retour sur les cinq temps forts de son discours.

1. « Aucune taxe ne mérite de mettre en danger l’unité de la nation »

Après avoir regardé, interrogé et essayé de comprendre la colère des gilets jaunes ces derniers jours, le Premier ministre a décidé en accord avec le président de la République de suspendre pour six mois le projet de la hausse du prix des carburants, car « aucune taxe ne mérite de mettre en danger l’unité de la nation ».

2. Le gel de la hausse du prix des carburants n’est pas une diversion

Pour répondre aux inquiétudes des gilets jaunes les plus sceptiques suite au moratoire, le Premier ministre a justifié sa décision. Le fait de  « suspendre pour six mois la réforme des carburants n’a pas pour but d’endormir et de tromper » les Français, mais a pour volonté de « débattre et d’identifier les mesures d’accompagnement les plus justes et les plus efficaces » pendant ce laps de temps, a assuré le représentant du gouvernement. Il a aussi formulé une promesse pour rassurer les manifestants : « Si nous ne parvenons pas à les trouver (les mesures d’accompagnement), nous n’appliquerons pas cette taxe ». 

3. Philippe dit avoir compris “la colère” des gilets jaunes

 « C’est la colère de la France qui travaille et se désespère de ne pouvoir subvenir à des besoins tels que se loger, se déplacer et se nourrir », a analysé le Premier ministre devant l’hémicycle. Il est donc conscient que les Français ne manifestent pas seulement pour l’inflation de l’essence, mais contre une diminution du pouvoir d’achat.

4. Des solutions pour rendre plus faciles les trajets domicile/travail

Au coeur de la grogne manifestée par les gilets jaunes, le Premier ministre a identifié un point s’inscrivant dans la ligne politique du gouvernement pour améliorer les conditions de travail des Français : les trajets entre leur domicile et leur travail.  « Nous aurons une réunion dès vendredi », a précisé Edouard Philippe, pour réfléchir à une « meilleure prise en charge des transports dans les zones notamment rurales ». Il réfléchira à des « solutions concrètes à présenter d’ici six mois » aux citoyens, avec la consultation de partenaires sociaux et d’élus locaux, pour faciliter cette réalité de bon nombre d’actifs. Le chef du gouvernement s’est aussi dit « ouvert à la proposition du président du conseil général des Hauts-de-Seine de créer une prime exceptionnelle au transport », défiscalisée, pour aider les travailleurs dans leurs déplacements quotidiens.

5. Un débat ouvert à tous

Enfin, le Premier ministre d’Emmanuel Macron a insisté sur l’importance du débat qui va se tenir ces six prochains mois concernant le pouvoir d’achat, qui concernera tous les Français. “Chaque personne qui veut y participer doit pouvoir le faire”, a souligné le chef du gouvernement.

Pour clore son discours, Edouard Philippe a condamné avec fermeté les violences ayant eu lieu en marge de la manifestation du 1er décembre sur les Champs-Elysées, exprimant de nouveau son soutien aux forces de l’ordre et aux pompiers. “Nous traduirons en justice toute personne qui sera prise en flagrant délit de violence”, a-t-il martelé sous les applaudissements des parlementaires.