Le gouvernement entrouvre la porte à un rétablissement de l’ISF

Un nouveau rétropédalage en vue ? Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a évoqué, mercredi matin sur RTL, le possible rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF). Une porte ouverte qui va dans le sens d’une demande qui monte au sein de la majorité et d’une revendication des gilets jaunes.

« Il faudra voir si l’argent qui a été supprimé dans [la suppression de l’ISF] revient bien dans l’économie réelle, et ça, c’est le rôle du Parlement de contrôler, a dit Benjamin Griveaux (à 7 ‘02’’ dans la vidéo). […] Et de faire en sorte, si ce n’est pas le cas, qu’on modifie ce système, qu’on puisse permettre à chacun d’avoir de l’argent réinvesti dans nos territoires pour l’emploi. » L’ouverture, à demi-mot, de la possibilité d’un rétablissement de l’ISF.

Cet impôt, qui taxait les patrimoines évalués à plus de 1,3 million d’euros, a été supprimé le 1er janvier 2018 et remplacé par l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI). « On en avait assez que des gens qui gagnent très bien leur vie décident de placer leur argent sur des fonds étrangers », a défendu Benjamin Griveaux. La modification de cet impôt permettrait donc, selon lui, d’inciter les grosses fortunes à réinvestir leur argent en France.

« Un vrai cadeau aux très riches »

Mais la suppression de l’ISF, critiquée à gauche dès son annonce, trouve à présent une opposition au sein-même de la majorité. « La suppression de l’ISF est un vrai cadeau aux très riches », accuse par exemple le sénateur La République en Marche Michel Amiel.

Mardi soir, le rétablissement de l’ISF a reçu le soutien d’une ministre, Marlène Schiappa. La secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes a assuré que le gouvernement allait « évaluer la transformation de l’ISF ». Avant d’ajouter : « S’il n’y a pas suffisamment de capitaux réinjectés dans l’économie française, je proposerai que nous le rétablissions. » La suppression de l’ISF, le « péché originel d’Emmanuel Macron » selon les mots du député insoumis François Ruffin, pourrait donc ne pas tenir jusqu’à la fin du quinquennat.