Le Rassemblement national sera jugé pour complicité d’escroquerie

Renvoyé devant un tribunal correctionnel, le Rassemblement national devra répondre des charges de « complicité d’escroquerie et recel d’abus de biens sociaux » qui pèsent contre lui dans l’affaire des kits de campagne de 2012.

Poursuivi dans l’affaire des kits de campagne des législatives de 2012 pour « soupçons d’escroquerie aux frais de l’Etat », le Rassemblement national sera bel et bien jugé devant un tribunal correctionnel. Le parti de Marine Le Pen a tenté d’éviter de comparaître, n’hésitant pas à saisir la Cour de cassation suite à l’ordonnance de renvoi demandée en 2016 qui concernait dix personnes. Trois morales dont le Front national devenue le Rassemblement national et sept personnes physiques, dont Wallerand de Saint-Just, pour recel d’abus de biens sociaux, Jean-François Jalkh, pour escroqueries, abus de confiance et recel d’abus de biens sociaux, ainsi que Frédéric Chatillon.

Faux, escroqueries, blanchiment…

En 2012, le Front national avait fourni des kits de la société Riwal, dirigée alors par Frédéric Chatillon à 525 candidats aux législatives. Ce proche de Marine Le Pen est poursuivi dans le dossier pour escroqueries, faux, blanchiment et abus de biens sociaux.

Les fameux packs d’affiches, tracts et cartes postales étaient vendus au prix de 16 650 euros. Et pour les acheter, les candidats devaient faire un prêt avec taux d’intérêt auprès d’une société du FN : Jeanne.

Les juges ont établi qu’il s’agissait d’un montage financier dissimulant des prestations sur-facturées. Et ce, au détriment de l’Etat français qui rembourse en général les frais de campagnes, pour les candidats dépassant les 5 % au scrutin. L’unique but de cette opération, selon l’ordonnance de renvoi du duo de magistrats : « majorer des dépenses électorales remboursables ».