L’Élysée appelle les partis à demander un appel « clair et explicite au calme »

« Le moment que nous vivons n’est plus à l’opposition politique mais à la République ». C’est en ces termes que Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a exhorté les chefs des partis d’opposition à lancer un appel au calme.

Citant des propos tenus par Emmanuel Macron en conseil des ministres mercredi matin, Benjamin Griveaux a demandé « aux forces politiques et syndicales, au patronat de lancer un appel clair et explicite au calme ».

Au lendemain de l’annonce, par Édouard Philippe, d’un moratoire sur l’augmentation des taxes écologiques sur l’essence et du gel jusqu’au printemps de la hausse des prix du gaz et de l’électricité, de nombreux gilets jaunes restent mobilisés aux quatre coins de la France. Qualifiées de « cacahuètes » par Laetitia Dewalle, une figure du mouvement, ces annonces ne suffisent plus aux manifestants, qui demandent à présent plus au gouvernement.

La plupart des partis d’opposition, qui demandaient le moratoire sur l’augmentation des taxes lundi, vont également dans ce sens. Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou encore Laurent Wauquiez ont fait part de leur perplexité quant à des mesures jugées trop timides. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a demandé aux gilets jaunes de « passer de la colère à l’engagement. » Le nouveau patron des patrons, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, avait également appelé à un moratoire dans Le Parisien. Emmanuel Macron attend à présent de ces figures politiques et syndicales de lancer cet appel au calme qu’il réclame.

Les grands syndicats nationaux de salariés (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires) se réuniront jeudi au siège de la CFDT, à la veille d’une discussion programmée entre syndicats et ministres du Travail et du Transport.

« Attaquer la République »

Le président de la République « a insisté sur le fait que certains aujourd’hui ne poursuivent qu’un seul et même objectif : attaquer la République », a assuré Benjamin Griveaux. Selon le porte-parole du gouvernement, Emmanuel Macron aurait dénoncé « le silence coupable et l’opportunisme de ceux qui se livrent à ces comportements. »

Benjamin Griveaux n’a pas souhaité préciser si des personnalités politiques ou syndicales étaient particulièrement visées par cette demande du président. « Ceux qui font preuve de cynisme, d’opportunisme, je crois, se dévoilent jour après jour sur les plateaux de télévision et à vos micros », a-t-il cependant assuré aux journalistes présents. « Il est donc inutile de les nommer, ils se reconnaîtront. »

Édouard Philippe était attendu à l’Assemblée nationale mercredi à 15 heures pour un discours suivi de prises de parole par des députés. L’exécutif veut éviter que “l’acte 4” du mouvement des gilets jaunes, qui devrait se tenir samedi dans toute la France, atteigne un pic de violence semblable aux mobilisations des 24 novembre et 1er décembre.