Des syndicats lycéens appellent à une « mobilisation générale » jeudi

Une quarantaine d'établissements sont toujours perturbés ou bloqués ce mercredi. Du côté du ministère de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer parle de « violences jamais vues » et condamne fermement tout débordement.

Une « mobilisation générale ». C’est l’appel lancé par plusieurs syndicats lycéens pour ce jeudi afin d’intensifier le mouvement. En ce troisième jour de mobilisation contre les réformes de l’enseignement supérieures, de nombreux établissements restent mobilisés alors que plusieurs manifestants ont été interpellés.

Malgré une mobilisation « à la baisse », selon des propos recueillis par nos confrères de l’AFP au ministère de l’Education, ils sont plusieurs dizaines de lycées ce mercredi à être toujours perturbés, voire bloqués par les rassemblements, dans plusieurs académies. « C’est tendu dans celle de Marseille, avec 20 lycées bloqués ou perturbés, et Créteil avec 24 perturbés dont 8 complètement bloqués », toujours d’après le ministère.

A Lyon aussi, les établissements de l’enseignement secondaire sont nombreux à s’être mobilisés, comme le relaye une élève du lycée Auguste et Louis Lumière (VIIIe arrondissement).

Au lycée Condorcet de Montreuil (Seine‐Saint‐Denis) aussi, les élèves ont bloqué l’accès à l’établissement.

Des incidents signalés dans une quarantaine d’établissements

La mobilisation ne se fait pas sans heurt. Un lycéen a été blessé mercredi matin devant le lycée Jacques‐Monod situé à Saint‐Jean‐de‐Braye, dans la banlieue d’Orléans. Il a été touché par le tir d’un lanceur de balle de défense (LBD) et emmené à l’hôpital. Selon la préfecture du Loiret et le rectorat, son pronostic vital n’est pas engagé.

Des feux de poubelles, barricades et dégradations de voitures ont été recensés dans une quarantaine d’établissements. Dix personnes ont d’ailleurs été interpellées en Seine‐Saint‐Denis, où un véhicule a été incendié, d’après la préfecture, et cinq autres à Paris pour dégradations et jets de projectiles aux abords du lycée François‐Villon (18e arrondissement), selon une source policière. Cinq membres des forces de l’ordre ont été blessés.

Du côté du ministère, on dénonce une « violence qu’on n’a jamais vue » causée par des « voyous » qui « n’ont plus de limite. » Jean‐Michel Blanquer a appelé à la « responsabilité de chacun », mercredi matin sur Franceinfo, considérant que  « la révolte des gilets jaunes n’a aucun rapport avec les réformes scolaires. »

Les représentants syndicaux des lycées mobilisés réclament l’abandon de la loi “Orientation et réussite des étudiants”, mise en place à la rentrée 2018 et qui introduit la sélection en première année d’université. La réforme du lycée, du bac et de la voie professionnelle sont également dénoncées.

L’université Paris I‐Tolbiac, dont le campus est bloqué, et celle de Paris III‐Sorbonne Nouvelle ont également rejoint le mouvement ce mercredi. Les étudiants dénoncent notamment l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers et certains se disent solidaires des gilets jaunes.