Un sacre, deux étoiles et un fiasco : gâchis XXL sous le sapin

Noël approche et le maillot de l’équipe de France reste introuvable. Des vendeurs aux supporteurs en passant par la fédération, tout le monde est perdant.

Ceux qui verront apparaître le maillot de l’équipe de France frappé des deux étoiles en ouvrant leurs cadeaux de Noël seront des privilégiés. De façon incompréhensible, il est toujours quasiment impossible de trouver la tunique des champions du monde. Une première salve de 30 000 maillots a été distribuée — et vendus en un rien de temps au mois d’août — puis… plus rien ! Pour comparaison, 600 000 maillots avaient été écoulés après le sacre de 1998.

Le manager d’un Go Sport parisien est sollicité « tous les jours » par des acheteurs désespérés. Mais Nike, équipementier des Bleus, ne livre aucune information aux revendeurs. « Le stock est insuffisant, donc Nike et la Fédération (NDLR : cette dernière en recevra 2000) seront prioritaires quand ils sortiront », explique-t-on à la Fédération française.

Des tensions entre la Fédération et Nike

Les revendeurs n’ont pas, ou très peu, de maillots, et « ça nous fait perdre un business dingue », se désole le manager d’un Go Sport. La donne est la même pour Nike. L’équipementier dirige les clients sur son site Internet où le maillot est disponible depuis peu… mais sans le sacro-saint flocage et le patronyme de son héros dans le dos. Pourquoi, alors, ne pas les mettre en rayon ? La quantité ne serait pas suffisante et Nike ne veut pas risquer une autre rupture de stock qui cristalliserait à nouveau les critiques sur la marque.

Pour les fêtes de fin d’année, selon nos informations, il devrait par ailleurs y avoir 130 000 produits dérivés deux étoiles. Pour éviter l’émeute, il n’y aura « aucune communication, il faudra avoir de la chance », reconnait un vendeur du magasin Nike de La Défense. Si la pénurie n’est pas organisée selon Nike, elle suscite des tensions avec la FFF. Pas de quoi remettre en cause publiquement Nike quand le contrat vous assure 50,5 M€ par an…

 

600 000 maillots en 1998 !
Adidas, alors équipementier des Bleus en 1998, avait vendu 600 000 maillots après le sacre du 12 juillet au Stade de France. Un résultat vingt fois plus important que prévu. « Nous avions réalisé un chiffre d’affaires de 450 millions de francs (70 millions d’euros) alors que notre contrat nous avait coûté 100 millions de francs (15 millions d’euros) » se félicitait Pierre Arcens, ex-directeur général d’Adidas, sur BFM Business en juillet dernier. Un succès qui pourrait s’expliquer notamment par un site de production plus proche (Tunisie) que celui de Nike (Thaïlande).
« On aurait déjà pu vendre 300 000 maillots », regrettait, quant à lui, Noël Le Graët, le président de la Fédération, en octobre sur RTL. Pour rappel, Adidas avait écoulé 3 millions de maillots aux couleurs de la Mannschaft en 2014, année du titre allemand. Une production chinoise écoulée « sans encombre » (dixit Eurosport Allemagne) qui jette un peu plus le doute sur l’argumentaire de Nike …
Baptiste Lépinay