Feuilleton gilets jaunes à Nemours 4/4 : Mireille manifestera à Paris « contre le mépris » de Macron

Les larmes aux yeux, Mireille explique qu’elle ne lâchera rien. Samedi, elle sera à Paris, parce qu’elle veut « qu’il y ait beaucoup, beaucoup de monde ». Pour elle, « le mouvement ne s’éteindra pas avant la dissolution de l’Assemblée Nationale. » A l’instar de l’ensemble des gilets jaunes de Nemours, dans le sud de la Seine-et-Marne, elle déteste Emmanuel Macron. Surtout pour « son mépris », qui la fait « bondir ». « Et là, il commence à reculer, à courber l’échine, ça me fait plaisir », poursuit-elle. 

A 61 ans, Mireille regrette de ne pas pouvoir prendre sa retraite et dit avoir à peine de quoi vivre. Faute d’argent pour faire le plein d’essence, cette habitante de Malesherbes, à 25 km de Nemours, n’a pu venir voir les gilets jaunes à la fin du mois. Autrefois employée dans une station-service, elle touche une simple pension d’invalidité depuis qu’elle s’est gravement blessée aux poignets. « Et la retraite recule, recule… », soupire-t-elle.

Montrant un hématome sous son t-shirt rouge, cette manifestante était présente à Paris samedi dernier. « Je me suis fait tirer dessus avec un flash-ball. Je ne courais pas assez vite », s’indigne-t-elle. Mais la sexagénaire veut y retourner, ajoutant que « tous les mensonges qu’on entend à la télé » la motive. Pourquoi ? « Parce que personne ne dit que les casseurs étaient parmi les CRS » et « parce qu’on était des milliers à défiler pacifiquement et qu’on n’a pas parlé de nous. » Comme la grande majorité de ses compagnons de Nemours, Mireille s’informe principalement sur les réseaux sociaux et grâce aux vidéos qui y sont partagées.

Hier, Mireille et les gilets jaunes de Nemours étaient rassemblés à 7 heures devant le lycée de la ville. Ils voulaient encadrer le blocus des lycéens qui manifestaient contre la réforme du bac et Parcoursup. Après un message de la direction de l’établissement, sommant les élèves de rester chez eux, une poignée de lycéens étaient présents. «J’irai manifester samedi avec les gilets jaunes », déclare tranquillement Evan, 18 ans, en grillant sa clope. « C’est pour notre avenir, on ne peut pas payer autant de taxes », ajoute-t-il, prévenant, sûr de lui : « Samedi, on sera au moins une centaine du lycée à aller à Paris. »