Augmentation salariale : une première satisfaction pour la Police

« Première satisfaction » pour les policiers, suite aux négociations de leurs syndicats place Beauvau, mercredi 19 décembre : les gardiens de la paix et les gradés verront leurs salaires augmenter.

Toute la journée du mercredi 19 décembre a été ponctuée par les manifestations des policiers de France, pour dénoncer leurs conditions de travail. Mais à l’issue de cette « journée noire », un accord est finalement tombé dans la soirée, entre le ministère de l’Intérieur et l’intersyndicale de police (Alliance, UNSA et Unité SGP‐Police) réunie place Beauvau. 

Les représentants viennent d’obtenir « une première satisfaction », se réjouit Loïc Travers, le secrétaire national adjoint du syndicat Alliance : « L’augmentation mensuelle de 120 euros nets pour les gardiens de la paix et de 150 euros pour les gradés ». 

La revalorisation entrera progressivement en vigueur à partir du 1er janvier 2019, avec une première augmentation de 40 euros. 

Une histoire de reconnaissance

L’importance de cette étape n’est pas seulement une amélioration concrète du pouvoir d’achat des policiers, elle marque « une vraie reconnaissance du gouvernement envers les forces de l’ordre », pour Loïc Travers du syndicat Alliance. 

Les primes de risque tant espérées par les fonctionnaires depuis 2016, ne concerneront pour leur part que le personnel technique. En particulier les équipes scientifiques, administratives et celles mobilisées depuis le 17 novembre par la crise des « gilets jaunes ». 

Vers une meilleure protection des policiers

Les autres mesures importantes de restructuration de la Police nationale seront étudiées à partir de janvier 2019. La réunion de mercredi et l’accord passé, ouvrent « la voie à une amélioration et une modernisation des conditions de travail et de rémunération des policiers »ont déclaré le ministre de l’Intérieur et le secrétaire d’État Laurent Nuñez, dans un communiqué. 

« L’augmentation salariale est déjà un bon socle », considère Loïc Travers, dont le syndicat refusait de s’asseoir à la table des négociations sans un geste fort du ministère de l’Intérieur. « Nous allons pouvoir maintenant aborder la question des heures supplémentaires et de nuit mieux payées, ainsi que le rythme de travail », nuance‐t‐il insistant sur le fait que le combat syndical ne fait que commencer. « Notre objectif est d’obtenir une meilleure protection des collègues par une amélioration de toutes ces conditions de travail ». Le secrétaire national adjoint d’Alliance souhaite que cette protection passe, notamment « par une prévention plus efficace des suicides ». Une mesure qui fait écho au suicide en novembre dernière de la porte‐parole des policiers en colères, Maggy Biskupski.