Gérald Darmanin juge l’augmentation du prix des péages « pas très raisonnable »

Le ministre des Comptes public estime que l’augmentation des tarifs prévue en février est la malvenue dans le contexte social actuel.

Marche arrière sur l’autoroute. Invité de franceinfo ce jeudi 20 décembre, Gérald Darmanin a encouragé les sociétés d’autoroute à ne pas augmenter le prix des péages. Pourtant, le gouvernement avait donné son feu vert sur cette hausse des tarifs en novembre dernier.

Entre temps, il y a eu les « gilets jaunes ». C’est pourquoi le ministre des Comptes publics ne trouve « pas très raisonnable » un tel changement, dans un contexte social plus que tendu en France ces derniers temps. « Je trouve que dans cette période particulière tout le monde doit faire attention de ne pas donner de contre‐signal aux Français », a expliqué Gérald Darmanin sur franceinfo.

Des propos qui font écho aux récentes critiques du gouvernement envers la société Vinci. Celle‐ci souhaitait faire payer les automobilistes passés gratuitement aux péages durant la mobilisation des « gilets jaunes », avant d’y renoncer.

Le ministre a aussi critiqué le manque de créations d’emplois dans le domaine. « J’ai toujours été choqué en tant qu’automobiliste de voir automatisés désormais un certain nombre de paiements », a‐t‐il déclaré, tout en soulignant que « souvent les péages d’autoroutes sont dans des zones péri‐urbaines, celles‐là mêmes qui manifestent ».

Le choix est désormais entre les mains des sociétés privées chargées des péages. « On a très peu de moyens de faire pression », a concédé Gérald Darmanin. Comme prévu en novembre avec le gouvernement, les tarifs devraient donc augmenter de 2% avec l’inflation.

Pour rappel, les mouvements sociaux de novembre ont fait perdre plusieurs millions d’euros aux sociétés d’autoroute. Contactés, ni Vinci ni SANEF, société en charge des autoroutes du Nord et de l’Est de la France n’ont souhaité réagir. Aucune autre société n’a répondu à nos sollicitations.