La communauté internationale réagit au retrait des troupes américaines en Syrie

La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, alliés des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique, ont vivement réagi jeudi à la décision du président Donald Trump de retirer les troupes américaines engagées en Syrie. Si Paris et Londres s'inquiètent, la Russie, elle, juge cette décision fondée.

Les Etats‐Unis vont retirer leurs troupes de Syrie. Donald Trump a annoncé sa décision sur son compte Twitter : « Nous avons vaincu l’État islamique (Daech) en Syrie, ma seule raison d’y être pendant la présidence Trump », mercredi 19 décembre.

La réponse de la diplomatie britannique ne s’est pas fait attendre :  « La coalition internationale contre Daech a fait d’énormes progrès (…) Mais il reste beaucoup à faire et nous ne devons pas perdre de vue la menace qu’ils posent », même son de cloche dans l’hexagone : « Daech n’est pas rayé de la carte, ni ses racines d’ailleurs, il faut vaincre militairement de manière définitive les dernières poches de cette organisation terroriste », a renchéri la ministre française des Armées Florence Parly.

Sans surprise, le président russe Vladimir Poutine, dont le pays est à la manoeuvre en Syrie au côté du régime de Damas, a estimé pour sa part que la décision de retrait américaine était « juste ».

« Donald a raison. Je suis d’accord avec lui », a dit M. Poutine. « Nous avons porté des coups sérieux à l’EI en Syrie », a‐t‐il poursuivi lors de sa conférence de presse annuelle.

La Turquie et l’Iran, autres acteurs clés en Syrie, se sont aussi concertés jeudi sur l’impact potentiel de ce retrait lors d’une rencontre de leurs présidents Recep Tayyip Erdogan et Hassan Rohani à Ankara.

Ramener « à la maison » les soldats américains

Prenant de court ses alliés, Donald Trump a estimé mercredi que l’heure était venue de ramener « à la maison » les soldats américains déployés en Syrie. « Maintenant, nous avons gagné, il est temps de rentrer », a‐t‐il lancé.

Quelque 2 000 soldats américains sont actuellement dans le nord de la Syrie, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre le groupe EI et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux jihadistes.

La France et le Royaume‐Uni ont déclaré qu’ils restaient engagés dans la coalition anti‐EI sous commandement américain, notamment sa campagne de frappes aériennes.