Benalla et Crase se sont parlé plus d’une heure, malgré leur contrôle judiciaire

C’est ce qu’on appelle un cafouillage. Suite à une erreur du palais de justice de Paris, Alexandre Benalla et Vincent Crase ont été placés dans un box commun pendant une heure le 19 février dernier, ce qui leur a permis d’échanger, selon une information de RTL.

L’erreur est d’autant plus aberrante que les deux anciens collaborateurs de l’Elysée sont sous le coup d’une interdiction de se voir par la justice. Ils étaient justement convoqués pour avoir violé leur contrôle judiciaire en juillet dernier, selon les enregistrements de leurs conversations téléphoniques, révélés par Mediapart.

A l’origine de cette situation : un oubli de transfert de mail indiquant les consignes des magistrats. Les policiers qui escortent Benalla et Crase ne reçoivent donc aucune instruction et placent les deux hommes dans le même box en attendant leurs avocats respectifs. Il faut une heure aux magistrats pour prendre conscience de cette bourde et pour que les deux amis soient séparés.

Le nouvel épisode d’un long feuilleton

Sur une vidéo datée du 1er mai publiée par Le Monde, Alexandre Benalla et Vincent Crase apparaissaient équipés de brassards de police en train de maîtriser violemment deux manifestants. Première révélation d’un enquête qui a multiplié les rebondissements, elle empoisonne l’exécutif depuis plusieurs mois.

Dernier épisode en date, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire la semaine dernière pour déterminer s’il y avait eu « dissimulation de preuves » dans le cadre des différentes procédures visant l’ancien collaborateur de l’Elysée.

Les accusations de « faux témoignage » par la commission d’enquête des lois du Sénat pourraient valoir aux deux hommes de nouvelles poursuites, si le Sénat décide de saisir le parquet, ou si le parquet s’en saisit lui-même.